Championnat du Luxembourg 2008

Championnat du Luxembourg 2008
Deuxième titre national pour Fränk Schleck

Roeser - Roeser

Frank Schleck s'est imposé pour la deuxième fois de sa carrière en tant que champion de Luxembourg sur route en ligne, après son titre conquis en 2005 à Mamer. Il retrouve la maillot tricolore. Andy termine 4e

Pour arriver à leur fin sur un circuit qui ne leur convenait pas du tout, les deux frères Andy et Frank ont fait la course tactique parfaite en se montrant offensifs. Pas mal de gens avaient en effet parié sur Kim Kirchen, dont la rapidité au sprint devait être un atout majeur sur un parcours majoritairement plat, voir même sur une victoire d'un outsider si les "Grands" devaient se neutraliser mutuellement. Mais les coureurs des équipes Pro-Tour ont bel et bien dominés les débats, grâce surtout à un Andy Schleck qui a lancé la course pour de bon au moment d'aborder les 6 circuits finaux.

Le cadet des Schleck s'était en effet porté à l'avant avec Claude Wolter et David Claerebout, obligeant Kim Kirchen et Benoît Joachim à fournir un gros travail en tête du peloton et, du même coup, provoquant un écrémage non-négligeable dans le groupe. Après deux tours de circuit, l'initiative d'Andy était terminée, mais l'objectif était atteint pour les CSC: Kim Kirchen avait déjà fourni un gros travail qu'il devait sans doute payer plus tard.

Mais certains sentaient leur chance venir: la rivalité Kirchen-Schleck pour le titre pouvait faire leur bonheur. C'est ce que Vincenzo Centrone s'est dit et s'est porté à l'avant, bientôt rejoint par Poos et Joachim. Mais les Schleck ne se sont pas fait suprendre et ils ont fait éclater le peloton pour se lancer à la poursuite du trio de tête. Alors que les trois coureurs venaient de faire la jonction avec la tête, Frank Schleck a accéléré. Il s'est isolé devant avec Benoît Joachim, obligeant le malheureux Kim Kirchen a animer une nouvelle fois la poursuite, avec Andy Schleck et Christian Poos dans la roue. Kim a essayé l'impossible et il s'est rapproché jusqu'à une vingtaine de secondes des deux coureurs de tête, mais il avait déjà trop donné et devait abdiquer.

Mal récompensé pour tous les efforts fournis, Kim a finalement terminé l'épreuve en quatrième position, au sprint derrière Poos et devant Andy Schleck. Quant à Frank Schleck, il n'avait aucune difficulté à se débarasser de Benoît Joachim, s'imposait en solitaire et allait revêtir un nouveau maillot tricolore et la médaille d'or.



Classement
1 Fränk Schleck (Team CSC) en 4h11'13
2 Benoît Joachim (Astana) à 22"
3 Christian Poos (Differdange) à 45
4 Kim Kirchen (High Road) à 47"
5 Andy Schleck (Team CSC) m.t
6 Vincenzo Centrone (Preti Mangimi) à 6'02
7 Claude Wolter (Differdange-Apiflo Vacances) à 8'38
8 Laurent Didier (Team Kuota-Senges) m.t

# Posté le lundi 08 septembre 2008 20:01

Modifié le samedi 25 juillet 2009 05:49

TOUR DE FRANCE 2008

TOUR DE FRANCE 2008
Jeudi 3 juillet
C'est le jour de la traditionnelle présentation des équipes
voici les 9 "soldats" envoyés au champ de bataille durant le mois de juillet par le capitaine Bjarne Riis
Jens Voigt, Nicki Sorensen, Frank Schleck, Andy Schleck, Stuart O'Grady, Volodymir Gustov, Fabian Cancellara, Kurt Asle Arvesen et Carlos Sastre




Pour la première fois, Frank et Andy Schleck vont disputer le Tour de France ensemble. Un grand moment pour la fratrie luxembourgeoise de l'équipe CSC. Peu importe lequel tirera le mieux son épingle du jeu. Quand l'un brille, c'est toute la famille qui gagne. Interview croisée.


Frank, Andy, vous allez disputer pour la première fois le Tour de France ensemble. C'est un moment particulier pour vous?
Andy SCHLECK : Oui, nous avons déjà fait beaucoup de courses ensembles, mais jamais encore un grand Tour. L'année dernière, j'étais sur le Giro, malheureusement Frank n'était pas avec moi. Sinon, nous aurions peut-être pu être ensemble sur le podium.


Frank, avez-vous parlé à Andy du Tour, puisqu'il va le découvrir, alors que vous l'avez déjà disputé plusieurs fois?
Frank SCHLECK : Ce sera mon troisième Tour en ce qui me concerne. Le Tour de France, c'est la légende. La plus grande course du monde. C'est un mythe. C'est très spécial. Je lui en ai parlé bien sûr, mais il va découvrir par lui-même que le Tour de France, c'est quelque chose de super.


Au mois d'avril, vous avez terminé 3e et 4e de Liège-Bastogne-Liège. Pour la première fois, vous étiez tous les deux en course pour la victoire dans une très grande course. Racontez-nous ce moment.
A.S. : C'était quelque chose de particulier pour nous, parce que ça n'a pas dû arriver si souvent par le passé que deux frères soient en position de gagner une course comme celle-là. Pendant la course, on n'a pas trop pensé à tout ça. On savait qu'on était capables tous les deux de finir dans les 10 premiers. La course s'est bien passée. Nous nous sommes retrouvés avec les meilleurs. Malheureusement, nous n'avons pas pu gagner.
F.S. : C'est un moment très spécial d'avoir deux frères dans le final de Liège-Bastogne-Liège. C'est pour ça que c'est un très grand souvenir.


Est-il déjà arrivé que l'on vous confonde en course?
A.S. : Oui, l'année dernière sur Liège-Bastogne-Liège. C'était assez marrant. A l'époque, je n'étais encore pas très connu, même si je commençais à marcher pas mal. Quand j'ai attaqué dans la Redoute, tout le monde a suivi. Bettini est revenu à ma hauteur, il a regardé mon visage et a vu que ce n'était pas Frank! Cette année, à Liège, c'était un peu différent. Tout le monde savait que j'étais là et qui j'étais. Quand j'ai attaqué, les grands coureurs suivaient en sachant pourquoi ils le faisaient.


Dans le peloton, avez-vous vos habitudes? Aimez-vous rester près l'un de l'autre par exemple?
F.S. : Oui, on essaie de rester près l'un de l'autre. Je sais que moi, par exemple, je me sens plus en sécurité quand je suis dans sa roue. C'est aussi le cas quand je suis protégé par mes coéquipiers bien sûr. Mais dans la roue d'Andy, c'est très différent. C'est encore plus sécurisant.


Il y a beaucoup d'avantages à courir ensemble. Mais n'y a-t-il pas le risque de trop se préoccuper de l'autre et d'en oublier sa propre course?
F.S. : Il y a quand même beaucoup d'avantages. On se connaît par c&oeligur, on partage la même chambre, on n'a même pas besoin de se parler en course. Mais c'est vrai qu'il y a quelques inconvénients. Quand il y a une chute, je suis toujours préoccupé de savoir si Andy va bien, s'il n'a pas été pris dedans. S'il tombe, je vais m'arrêter pour voir s'il n'y a rien de grave.


Il se murmure qu'Andy n'est pas très organisé, que sa valise est toujours un peu "bordélique"...
F.S. : Ecoutez, j'ai longtemps dit ça, c'est vrai. Mais là, sur le Tour de Suisse, et il a complètement changé. C'est drôle. Sa valise était impressionnante. Elle était rangée, il ne manquait rien! Il était même fier que sa valise soit mieux rangée que la mienne. Mais bon, ça va durer deux jours, ça, pas plus!
A.S. : Je ne pense pas! (rires)


Plus sérieusement, Andy, est-ce que Frank vous donne beaucoup de conseils?
A.S. : Oui, énormément. Et j'ai beaucoup appris de lui. Au niveau de l'entraînement, notamment, de l'alimentation, mais aussi de la course. Il ne faut pas oublier que j'ai cinq ans de moins que lui.


Revenons au Tour de France. Il y a moins de contre-la-montre que les précédentes années. Est-ce un avantage pour vous?
F.S. : Oui, c'est un Tour de France qui nous convient assez bien je pense. Les chronos ne sont pas trop longs. C'est un avantage, car ça reste mon point faible.
A.S. : Je suis d'accord. Quatre arrivées au sommet, c'est une bonne chose. Le chrono décisif sera la veille de l'arrivée, et nous marchons en général plutôt bien en troisième semaine. Bon, je n'ai fait qu'un seul grand Tour, mais je m'étais senti très fort dans la dernière semaine de course.


Andy, y a-t-il une étape qui vous fait particulièrement rêver sur ce Tour? Celle de l'Alpe d'Huez par exemple, là où votre frère a gagné il y a deux ans?
A.S. : Ah, si je devais choisir une seule étape, ce serait celle de l'Alpe-d'Huez, ça c'est certain.
F.S. : (Il coupe). Mais comment on va faire alors? Parce que moi aussi, j'ai choisi cette étape!
A.S. : Oui mais moi aussi je veux un virage à mon nom ! Non, plus sérieusement, il y a beaucoup de belles étapes. Mais l'Alpe, c'est mythique. Comme les Champs-Elysées pour un sprinter. Je l'ai fait beaucoup en stage d'entrainement. Je montais là-bas avec mon père quand j'avais 10 ans. Enfin, je vais pouvoir la faire en course.



Quelques pronostics d'avant tour

Kim Andersen (directeur sportif CSC): 1. Evans, 2. Menchov, 3. Sastre
Jean-François Bernard (ancien coureur): 1. Valverde, 2. A. Schleck, 3.Cunego
Serge Beucherie (directeur sportif Crédit Agricole): 1. Evans, 2.Cunego, 3. Valverde
Pascal Chanteur (président de l'UNCP): 1. F. Schleck, 2. Evans, 3.Moreau
Sébastien Chavanel (Française des jeux): 1. Valverde, 2. F. Schleck, 3. Evans
Carlos Da Cruz (ancien coureur): 1. Valverde, 2. Evans, 3. Menchov
Dirk DeMol (directeur sportif Quick Step): 1. Valverde, 2. Evans, 3.Menchov
Rémy Di Gregorio (Française des jeux): 1. Valverde, 2. Menchov, 3.Evans
Bernard Hinault (cinq fois vainqueur): 1. Valverde, 2. Evans, 3.Cunego
Emmanuel Hubert (directeur sportif Agritubel): 1. A. Schleck, 2.Evans, 3. Valverde
Gilbert Duclos-Lassalle (ancien coureur): 1. Valverde, 2. Evans, 3.Cunego
Jean-Claude Leclercq (ancien coureur): 1. Evans, 2. Valverde, 3.Cunego
Christophe Le Mével (Crédit Agricole): 1. Evans, 2. Valverde, 3.Cunego
Daniel Mangeas (speaker): 1. Evans, 2. Valverde, 3. A. Schleck
Jean-Paul Ollivier (journaliste): 1. Valverde, 2. Evans, 3. Cunego
Ronan Pensec (ancien coureur): 1. Evans, 2. Cunego, 3. Valverde
Raymond Poulidor (ancien coureur): 1. Valverde, 2. Evans, 3. A.Schleck
Bernard Quilfen (directeur sportif Cofidis): 1. Evans, 2. A. Schleck, 3. Valverde
Hendrik Redant (directeur sportif Silence): 1. Evans, 2. Menchov, 3. Sastre
Bernard Thévenet (double vainqueur): 1. Evans, 2. Valverde, 3. A.Schleck
Francis van Londersele (directeur sportif Cofidis): 1. Evans, 2.Menchov, 3. Valverde

# Posté le mardi 09 septembre 2008 04:51

Modifié le mardi 15 septembre 2009 12:45

TOUR DE FRANCE 2008

TOUR DE FRANCE 2008
Conférence de presse pour le Team CSC Saxo Bank
1+1=2 Schleck


Un Schleck peut en cacher un autre

Schleck ! Leur nom claque comme un coup de fusil. Si l'aîné, Frank (28 ans), s'est déjà fait un prénom sur le Tour, Andy (23 ans) a le profil et le talent pour être une des grandes révélations de l'édition 2008. Même physique élancé, même visage anguleux, même discours sans à-coups. Avec les frères Schleck, on croit voir double. « Inconsciemment, on cultive le fait de se ressembler. On met toujours les mêmes lunettes et les mêmes chaussures. Ça brouille les pistes », se plaît à avouer Frank.

« On n'a pas besoin de se parler pour se comprendre. Un regard suffit », confesse Andy à propos d'une complicité naturellement grande, dont le Team CSC espère bien tirer parti. Frank n'est plus un inconnu sur le Tour, suite à son succès dans la mythique ascension de l'Alpe- d'Huez en 2006 qui a doré son palmarès avec une victoire la même année à l'Amstel Gold Race. Toutefois, victime d'une chute très spectaculaire dans un ravin lors de la 9 e étape du Tour de Suisse, le champion du Luxembourg se présentera au départ avec une pointe d'inquiétude. « Le chiropracteur va encore me manipuler le dos. La frayeur a été grande lors de cette chute, due à un virage pris beaucoup trop vite, et il faut que je regagne de la confiance. »

Sa 2 e place au Giro 2007 à seulement 1'55'' du lauréat, Danilo Di Luca, vaut à Andy, pour sa première apparition dans la Grande Boucle, un préjugé très favorable. « Cela ne m'agace pas. Je suis coureur cycliste pour gagner des courses. J'ai montré l'an passé au Giro et cette année à Liège-Bastogne-Liège, où c'était super de se retrouver dans les quatre premiers avec Frank, que je peux répondre présent ». Le cadet des Schleck refuse toutefois qu'on le range illico presto parmi les favoris. « Je suis déjà content d'être présent sur le Tour au sein d'une équipe très forte dans tous les domaines. » Mais il admet que le maillot blanc du meilleur jeune lui irait bien au teint. « Pourquoi pas finir dans les dix premiers, si je passe bien les deux premières semaines. Je ne me débrouille pas trop mal dans les contre-la-montre et je peux me mettre en évidence dans la montagne avec Carlos Sastre ».

Andy Schleck espère aborder la Grande Boucle sur sa bonne lancée du Tour de Suisse qu'il a achevé à la sixième place. « Je me suis senti de mieux en mieux au fil des étapes. Le scénario idéal est d'arriver sans chute au pied des Pyrénées. Après, ce sera à moi de jouer. » Bjarne Riis ne tait d'ailleurs pas les grands espoirs qu'il fonde sur son jeune protégé : « Andy aura un rôle très important à jouer dans la montagne jusqu'à laquelle il sera assez protégé ». Les deux fils de Johnny, ancien coéquipier de Luis Ocana et de Jan Janssen qu'il servit durant sept tours, sont prêts à mettre le feu. « Depuis que je fais du vélo, j'ai toujours rêvé qu'on fasse le Tour à deux », confesse Andy. « Frank avait le même souhait. "J'espère que nous vivrons quelque chose de beau".

# Posté le mardi 09 septembre 2008 04:53

Modifié le lundi 19 janvier 2009 06:06

TOUR DE FRANCE 2008

TOUR DE FRANCE 2008
Samedi 5 juillet
C'est le grand depart de la Grande boucle à Brest en direction de Plumelec
1er Tour de France pour Andy


Interview Johny Schleck

Johnny Schleck, au lendemain de la victoire de Frank dans l'étape de l'Alpe-d'Huez, vous aviez expliqué que vous seriez serein, comblé lorsqu'Andy et Frank se présenteraient au départ du Tour avec la possibilité de peser sur la course. On y est un peu plus vite que prévu, non? «Oui, c'est arrivé vite, mais ça fait un an, depuis la deuxième place d'Andy dans le Giro, qu'on savait qu'il avait pris cette dimension. Car le Giro n'est guère différent du Tour du point de vue de sa difficulté et du plateau. C'est différent du point de vue du public, mais le niveau sportif est assez semblable.»

A quoi pensez-vous avant ce départ ?
«Je pense surtout à leur santé et j'espère que tout se passera bien pour eux. Je pense à la chute de Frank sur le Tour de Suisse, ça fait quand même réfléchir. C'était vraiment effrayant. J'ai vu la vidéo une fois puisque ce jour-là, je ramenais un véhicule CSC au Danemark afin de faire poser la marque Saxo Bank, mais je ne veux plus jamais la revoir...»

Que pouvez-vous dire sur l'ascension personnelle d'Andy, aujourd'hui présenté comme l'espoir numéro un du cyclisme mondial ? «Ceux qui le côtoient depuis un certain nombre d'années ne sont pas si surpris que ça. Nous l'avons vu venir. L'an passé, il y a eu le Giro mais aussi le Tour de Lombardie où il termine quatrième après avoir fait tout le travail pour Frank, malheureusement victime d'une chute sur le final. C'était un sacré signe. Cette année, on les a vus au Tour de Suisse. Si Frank ne chute pas il a de grandes chances d'aller chercher la gagne au général. Aujourd'hui, tous les deux figurent dans les quinze meilleurs du monde. Pour Frank le chemin fut plus long mais s'il n'avait pas été bloqué par Ivan Basso qui était alors son leader, il aurait terminé dans le top cinq du Giro 2005. Disons que son évolution est plus longue. Chacun son rythme.»

Qu'est-ce qui serait, selon vous, un Tour réussi pour vos deux fils ? «Si l'un des deux terminait parmi les huit premiers et l'autre serait dans le top quinze, alors ce serait formidable. Maintenant, le grand truc serait que l'un des deux remporte une belle étape.»

Pas un podium ?
«Depuis le Giro, je sais que c'est possible pour Andy, mais il n'a que vingt-trois ans. Sa grande chance sur le Tour, c'est qu'il ne sentira pas la pression car elle passe sur lui sans l'atteindre.»

Justement, qu'aimez-vous chez Frank ?
J'aime sa modestie, sa gentillesse et sa disponibilité vis-à-vis des gens. Il parle bien à tout le monde, est très respectueux. Et puis sur le vélo, j'aime son style de grimpeur. Il a acquis un style à lui, unique.»

Chez Andy ? «Son caractère, franchement plus méchant que Frank. Frank, par opposition, est trop gentil, ce qui n'est pas le cas d'Andy. S'il veut dire ce qu'il pense à quelqu'un, il ne va pas se gêner s'il en a envie. Je pense qu'Andy aura moins de problèmes à remporter de grandes courses car il a le caractère pour ça.»

Que n'aimez-vous pas chez Frank ?
«Je n'aime pas qu'il n'ait pas le caractère d'un leader, qu'il soit trop gentil. J'estime qu'il devrait plus se mettre en valeur et penser davantage à lui, être plus égoïste.»

Et chez Andy ? «Je n'aime pas sa légèreté. Tout est un peu trop facile chez lui. Certes quand il a quelque chose, il se met au travail et travaille effectivement beaucoup. Mais il doit devenir plus pro et ne plus se foutre des choses qui l'ennuient ou qu'il n'a pas envie de faire. Il est comme ça Andy, il est doué alors il a tendance à se relâcher, à profiter de la vie.»

• Avez-vous un rêve sur ce Tour ? «C'est encore trop tôt, à mon avis, pour penser à un succès dans le Tour. Je pense que si tout va bien, on y pensera dans deux ou trois ans. Mais ils vont faire un bon Tour, je l'espère.»

# Posté le mardi 09 septembre 2008 04:57

Modifié le lundi 19 janvier 2009 06:06

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 6

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 6
Le "cobra" frappe à Super Besse
Schumacher tombe, Andy malchanceux


6ème étape: Aigurande - Super Besse (195 km)

Riccardo Ricco (Saunier Duval) s'est imposé au terme de la sixième étape de ce Tour (195,5 kilomètres) entre Aigurande et Super-Besse. L'Italien a arraché la victoire dans la montée finale. Cette première étape en altitude a surtout souri au Luxembourgeois Kim Kirchen. Le coureur de la Columbia a profité d'une chute malheureuse de l'Allemand Stefan Schumacher pour lui ravir le maillot jaune.

Alors que le sprint final, lancé par Frank Schleck à 300 mètres de la ligne, a été perturbé par la chute du maillot jaune, Riccardo Ricco s'est imposé devant Valverde et Evans. Frank Schleck a franchi la ligne d'arrivée quatre secondes plus tard en quatrième position.

Le malchanceux Andy Schleck s'est retrouvé complètement à l'arrêt derrière Schumacher lors de l'incident et n'a pas pu défendre ses chances, il est arrivé en 37ème position avec une quarantaine de secondes de retard.

Mais il y a sans doute encore beaucoup plus malheureux que lui car Stefan Schumacher a dû abandonner son maillot jaune au profit de Kim Kirchen, qui fait la totale aujourd'hui car il récupère également le maillot vert.


Classement de l'etape
1 Riccardo Ricco (Saunier Duval)
2 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) à 01"
3 Cadel Evans ( Silence - Lotto) m.t
4 Frank Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 04"
5 Kim Kirchen (Team Columbia) m.t
6 Roman Kreuziger (Liquigas) à 07"
7 Moises Dueñas (Barloworld) m.t
8 Carlos Sastre Candil (Team CSC - Saxo Bank)
9 Denis Menchov (Rabobank)
10 Leonardo Piepoli (Saunier Duval)
37 Andy Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 45"


Classement general
1 Kim Kirchen (Team Columbia) en 24h30'41
2 Cadel Evans (Silence - Lotto) à 06"
3 Stefan Schumacher (Gerolsteiner) à 16"
4 Christian Vandevelde (Garmin-Chipotle) à 44"
5 David Millar (Garmin-Chipotle) à 47"
6 Thomas Lövkvist (Team Columbia) à 54"
7 Denis Menchov (Rabobank) à 1'03
8 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) à 1'12
9 Stijn Devolder (Quick Step) à 1'21
10 Oscar Pereiro (Caisse d'Epargne) m.t
17 Frank Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 1'56
18 Andy Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 1'58


Maillot vert
1 Kim Kirchen (Team Columbia) 97 pts
2 Thor Hushovd (Credit Agricole) 88
3 Oscar Freire (Rabobank) 85
4 Erik Zabel (Team Milram) 72
5 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) 71


Maillot à pois
1 Sylvain Chavanel (Cofidis) 27 pts
2 Thomas Voeckler (Bouygues Telecom) 27
3 Riccardo Ricco (Saunier Duval) 20
4 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) 18
5 Cadel Evans (Silence - Lotto) 16


Maillot blanc
1 Thomas Lövkvist (Team Columbia)
2 Maxime Monfort (Cofidis) à 46"
3 Andy Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 1'04
4 Roman Kreuziger (Liquigas) à 1'26
5 Vincenzo Nibali (Liquigas) à 2'07


Par equipes
1 Garmin Chipotle
2 Team CSC Saxo Bank à 19"
3 Team Columbia à 20"
4 Caisse d'Epargne à 3'54
5 Liquigas à 4'09


Réaction:
Fränk Schleck

"C'était plus de la moyenne montagne que de la montagne. C'était une bonne journée pour moi dans l'ensemble même si c'était plus qu'un petit apéritif avant les choses sérieuses car j'ai quand même les jambes dures... Kirchen a montré qu'il était un super coureur mais il reste quand même deux semaines de course et beaucoup de montagne. On verra."

# Posté le mardi 09 septembre 2008 05:40

Modifié le mardi 15 septembre 2009 12:53

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 9

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 9
ANDY S'EMPARE DU MAILLOT BLANC

"Demain, on verra où on est..."


Andy, vous êtes un garçon heureux, récupérer un maillot blanc, c'est bien, non ?

"Oui, je suis très content, c'est un bon souvenir, je l'avais l'année passé au Giro, je l'ai en plus je pense à la 9ème etape comme ici. (10e étape au Santuario Nostra Signora Della Guardia) Bon, là, on a les montagnes... la vrai montagne qui commençait aujourd'hui et j'ai pris le maillot ici. J'espère que je peux le garder jusqu'à Paris."


Dans quel état de forme vous êtes, Andy ? Parce que pour beaucoup vous êtes considéré comme un favori de ce Tour de France.

"Oui mais...comme je l'ai déjà dit ce matin, beaucoup de journalistes parlaient beaucoup de Frank, moi et Carlos les dernières semaines... Je pense maintenant, aujourd'hui, demain, on verra où on est. Mais, sur et certain, on a préparé toute la saison pour être très bien sur le Tour de France. Je pense que jusqu'ici, on s'est présentés en forme et j'espère qu'on va s'améliorer dans les montagnes."


Dans le Team CSC, il y a une fusée avec plusieurs étages possibles, avec Sastre, avec votre frère Frank ?

"Je pense que c'est un avantage. On a trois cartes à jouer, c'est Frank, moi et Carlos, et honnêtement on sait pas qui est le plus fort. On a vu dans le contre la montre, moi j'ai été le plus fort, après dans la montagne on voit mon frère et Carlos très très fort, moi aussi aujourd'hui j'étais avec...Ouais j'espère qu'on peut jouer trois cartes pour faire le général."


Un mot sur Ricardo Ricco, qui a fait un grand numéro aujourd'hui.

"Oui, vraiment chapeau. Je connais comment il attaque, il a le panache et ce qu'il a fait aujourd'hui c'est très très grand. Il est parti comme une fusée dans la montagne. Je pense qu'il a un peu profité des favoris qui s'observaient, il y avait Menchov, Evans qui regardaient Carlos et puis Frank et moi. Mais on voulaient pas tellement faire la course et pas attaquer aujourd'hui. Donc, il a profité de ça, il a bien vu, et chapeau comme il est partit."


La forme, vous avez des bonnes jambes en ce moment ?

"Oui, je me sens très bien. Bon, c'est vrai, là, on sent quand même la fatigue dans les jambes mais ça c'est pour tout le monde."

# Posté le mardi 09 septembre 2008 08:05

Modifié le lundi 29 juin 2009 18:38

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 10

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 10
Le festival des Saunier Duval
Fränk si près ... du jaune, Andy victime d'une fringale


Lundi 14 juillet
Pau- Hautacam (156km)


Le jour de la fête national Française, Les CSC avaient décidé de faire la course à bloc. Ils avaient en effet placé Fabian Cancellara dans le groupe des 24 qui s'était dégagé dès le départ, puis, quand ce groupe de tête a éclaté dans l'ascension du Tourmalet et que seul Remy De Gregorio restait aux commandes, les coéquipiers de Frank et Andy Schleck se sont mis devant le peloton pour l'étirer de plus en plus, avec Voigt, Gustov et Arvesen entre-autres.

Le travail de sape des CSC commençait à faire ses effets: Cunego, Kreuziger et Valverde notamment ne parvenaient plus à suivre le rythme. Di Gregorio a passé le sommet du Tourmalet 1'14" devant ses anciens compagnons d'échapée et 7 minutes sur le groupe des favoris qui ne comptait plus que 18 unités. Cancellara et Voigt ont mené ce petit groupe à un train d'enfer jusque dans les premières rampes de la montée finale vers Hautacam, qui condamna l'échappée de Di Gregorio.

Frank Schleck a accéléré plusieures fois à 10 kilomètres de l'arrivée, mais contre tout attente, c'est son frère Andy qui en a fait les frais puisqu'il a été le premier à se faire lâcher du petit groupe. On apprendra par la suite qu'il a été victime d'une fringale, sans force, il n'avait pas assez mangé. A huit kilomètres de l'arrivée, alors que Frank Schleck s'était installé en tête de la course avec Piepoli et Cobo.

A trois kilomètres de l'arrivée, Frank Schleck, qui se livrait une belle bataille avec les deux Saunier Duval, avait pris virtuellement possession de la tunique jaune, puisqu'il avait pratiquement 2 minutes d'avance sur Evans et 3 minutes sur Kirchen. Mais Frank en avait peut-être trop fait car à deux kilomètres de la fin, Piepoli et Cobo se sont envolés pour procurer à la Saunier Duval un deuxième succès d'étape en autant de jours.

Piepoli s'est imposé en haut de Hautacam devant son coéquipier Cobo et avec 27" d'avance sur Frank Schleck en troisième position. Le groupe Evans est arrivée avec 2 minutes de retard. Evans possède désormais une minuscule seconde d'avance sur Frank Schleck. Andy dégringole jusqu'à la 22ème place, à plus de huit minutes derrière Evans.

# Posté le mardi 09 septembre 2008 13:00

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 18:19

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 10

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 10
Classement de l'etape
1 Leonardo Piepoli (Saunier Duval)
2 Juan Jose Cobo (Saunier Duval) m.t
3 Frank Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à.28"
4 Bernhard Kohl (Gerolsteiner) à 1'06
5 Vladimir Efimkin (AG2R) à 2'05
6 Riccardo Ricco (Saunier Duval) à 2'17
7 Carlos Sastre(Team CSC - Saxo Bank) m.t
8 Cadel Evans (Silence - Lotto)
9 Denis Menchov (Rabobank)
10 Christian Vandevelde (Garmin-Chipotle)
11 Moises Dueñas (Barloworld) à 2'27
12 Stéphane Goubert (AG2R) à 2'49
13 Vincenzo Nibali (Liquigas) à 3'40
14 Mikel Astarloza (Euskaltel - Euskadi) à 3'58
15 Kim Kirchen (Team Columbia) à 4'19
16 Samuel Sanchez (Euskaltel - Euskadi) à 5'22
17 Tadej Valjavec (AG2R) à 5'27
18 Damiano Cunego (Lampre) à 5'51
19 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) à 5'52
20 Laurens Ten Dam (Rabobank) à 5'54
28 Andy Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 8'59


Classement general
1 Cadel Evans (Silence - Lotto) en 42h29'09
2 Frank Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 01"
3 Christian Vandevelde (Garmin-Chipotle) à 38"
4 Bernhard Kohl (Gerolsteiner) à 46"
5 Denis Menchov (Rabobank) à 57"
6 Carlos Sastre (Team CSC - Saxo Bank) à 1'28
7 Kim Kirchen (Team Columbia) à 1'56
8 Juan Jose Cobo (Saunier Duval) à 2'10
9 Riccardo Ricco (Saunier Duval) à 2'29
10 Vladimir Efimkin (AG2R) à 2'32
11 Mikel Astarloza (Euskaltel - Euskadi) à 3'51
12 Vincenzo Nibali (Liquigas) à 4'18
13 Samuel Sanchez (Euskaltel - Euskadi) à 4'26
14 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) à 4'41
15 Tadej Valjavec (AG2R) à 5'23
16 Damiano Cunego (Lampre) à 5'37
17 Oscar Pereiro (Caisse d'Epargne) à 6'01
18 Stefan Schumacher (Gerolsteiner) à 6'11
19 Moises Dueñas (Barloworld) à 6'43
20 Maxime Monfort (Cofidis) à 6'47
22 Andy Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 8'34



Maillot vert
1 Oscar Freire (Rabobank) 131 pts
2 Kim Kirchen (Team Columbia) 124
3 Thor Hushovd (Credit Agricole) 105
4 Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne) 96
5 Erik Zabel (Team Milram) 92


Maillot à pois
1 Riccardo Ricco (Saunier Duval) 77 pts
2 David De La Fuente (Saunier Duval) 65
3 Sebastian Lang (Gerolsteiner) 57
4 Bernhard Kohl (Gerolsteiner) 56
5 Frank Schleck (Team CSC - Saxo Bank) 46


Maillot blanc
1 Riccardo Ricco ( Saunier Duval)
2 Vincenzo Nibali (Liquigas) à 1'49
3 Maxime Monfort (Cofidis) à 4'18
4 Roman Kreuziger (Liquigas) à 4'31
5 Andy Schleck (Team CSC - Saxo Bank) à 6'05


Par equipes
1 Saunier Duval
2 Team CSC Saxo Bank à 4'40
3 AG2R à 9'29
4 Gerolsteiner à 19'49
5 Caisse d'Epargne à 22'34


Réactions:
Fränk Schleck:

"Comme Andy m'a donné toute sa force pour que je gagne, il ne lui restait plus rien...Quand j'ai appris qu'il me manquait une seconde, j'en ai eu les larmes aux yeux..."


Andy Schleck:
"C'était bizarre. J'étais triste et content à la fois. Je souffrais pour rallier l'arrivée et, en même temps, j'entendais que Frank se battait devant pour le maillot jaune. Je vais désormais me mettre au service de Frank."

Dans les Alpes, je vais rouler à bloc devant pour dynamiter le peloton. Dans un jour normal, je peux faire beaucoup de dégâts. Et je vais remporter une étape de montagne ! J'en suis capable
"

# Posté le mardi 09 septembre 2008 12:35

Modifié le mardi 15 septembre 2009 12:57

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 11

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 11
UNE ERREUR DE JEUNESSE

"Il faut faire des fautes parfois pour apprendre"


Andy, cette défaillance à Hautacam, c'était quoi ? c'était une fringale ?

"Oui, c'était une fringale. Tout simplement, je suis... J'avais pas trop d'expérience, je pensais que c'était une étape courte. C'était beaucoup de stress et on roulait à bloc depuis le Tourmalet. Tout simplement, j'ai pas assez bu, pas assez mangé et lors de la montée de Hautacam , j'ai pris une fringale énorme. J'avais des problème pour... (sourire) pour voir les coureurs devant moi. Ouais, j'ai perdu beaucoup de temps, ça... il faut faire des fautes parfois pour apprendre, je suis encore jeune. Mais c'est pas encore fini le Tour."


Cela confirme Andy que sur ce premier Tour de France, vous êtes pour beaucoup apprendre. Pour espérer un jour peut être?

"Ouais, j'ai toujours dit, je viens pour apprendre et pour bien arriver sur les Champs Elysées. J'avais le maillot blanc, un jour, je suis monté une fois sur le podium et j'espère y revenir cette fois pour une victoire d'étape, et... Oui j'ai perdu huit minutes mais sur un Tour de France sur 3500 kilomètres, 8 minutes c'st pas trop, et je pense que c'est pas encore trop perdu dans les Alpes."


il y a votre frère Frank, qui est très très bien placé à une seconde. Il y a Carlos Sastre, vous qui allez être en embuscade maintenant. Pour l'équipe CSC, dans les Alpes, statégiquement, il y aura beaucoup de possibilités ?

"Oui, je pense, là vraiment, on a montré je pense avant hier vers Hautacam, qu'on a une équipe superbe. Moi, personnellement, je me rappelle jamais du passé; Quand on a vu un travail d'équipe comme on a vu de nous, ça c'est un grand mérite de notre directeur sportif, Kim Andersen et Bjarne Riis, qui sont tactiquement très fort et connaissent très bien leurs coureurs;"



# Posté le mardi 09 septembre 2008 12:10

Modifié le lundi 29 juin 2009 19:12

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 13

TOUR DE FRANCE 2008 - Etape 13
Vendredi 18 juillet
Narbonne-Nîmes (182 km)



Interview de Johnny Schleck:

"Je ne veux pas l'imaginer, même dans mes rêves les plus fous"



L'histoire du cyclisme recense de nombreux liens familiaux : père, fils, grands-pères, petits-fils, frères, oncles, neveux, cousins, beaux-frères. Deux frères au départ d'un même Tour, c'est malgré tout assez rare. Sur cette édition, il y a deux fratries, les Chavanel, Sylvain et Sébastien, et les Schleck, Frank et Andy. Ces derniers étaient même, au départ de Brest, cités comme des candidats aux plus grands honneurs. Après la défaillance du cadet, à Hautacam, Frank, dauphin de Cadel Evans pour une seconde, reste seul en lice pour la conquête du maillot jaune ou pour monter sur le podium à Paris. Leur père, Johnny, lui-même ancien coureur de renom, est présent sur la Grande Boucle où il pilote les invités de la firme automobile Skoda, elle-même partenaire du Tour.


D'abord, pouvez-vous rappeler quelle fut votre carrière ?

"J'ai 65 ans, j'ai été pro de 1965 à 1974. J'ai toujours roulé pour des leaders de qualité, comme Jan Janssen, Luis Ocaña, Joaquim Agostinho ou vos compatriotes Eric Leman, Roger Rosiers et Walter Godefroot, par exemple. Willy Monty ou Jean-Marie Leblanc furent aussi mes partenaires."


Vous étiez un très bon coureur de l'époque.

"C'était différent; on roulait pour notre chef de file, éventuellement pour un sprinter. On pensait peu à soi, même si j'ai gagné une étape de la Vuelta, le Tour du Luxembourg ou le Tour de l'Oise. Mais c'est vrai, aujourd'hui, je gagnerais très bien ma vie. À l'époque, on courait pour les prix; heureusement, on les partageait entre nous et j'étais toujours dans de bonnes équipes, Pelforth-Lejeune ou Bic."


Comment êtes-vous venu au cyclisme ?

"Mon père courait, avant-guerre; il avait été indépendant (NdlR : une catégorie qui existait alors, juste à l'antichambre du professionnalisme). Le cyclisme, ça a toujours été une tradition dans la famille."


Vous même avez disputé le Tour plusieurs fois.

"J'ai couru huit fois le Tour mais sans éclat (NdlR : il s'est pourtant classé 19e en 1970, 20e en 1967 et 21e en 1971, entre autre). Oui, avec Edy Schutz, l'autre bon coureur luxembourgeois de ma génération, on n'était rien. Je me souviens des deux fois où j'ai disputé le Tour par équipes nationales, en 1967 et 68. Nous étions dans une formation mixte avec les Suisses. Sa structure était nulle, l'encadrement absolument pas professionnel; nous étions livrés à nous-mêmes. Aujourd'hui, avec Kim et mes fils, c'est la première fois que le cyclisme redevient grand, dans notre pays."


Pourtant, après ce qu'on vient de vivre la semaine dernière, on a peine à imaginer comment ces trois-là pourraient cohabiter au sein d'une même équipe.

"C'est vrai qu'il y a eu une polémique, et je ne sais pas d'où elle provient. De la presse, de Kirchen lui-même? La pression médiatique est importante chez nous, comparable à ce qu'elle serait chez vous. Rien à voir à ce que les Américains ou les Australiens connaissent. Le fait que Frank et Andy soient frères a joué beaucoup pour leur popularité mais pour le grand public, Kim Kirchen est le plus connu. Il a aussi réalisé une saison formidable. C'est le premier à avoir gagné des courses, il a deux ans de plus aussi que Frank et est passé pro avant mes fils."


Revenons à votre carrière, vous étiez un des lieutenants de Luis Ocaña qui, sur le Tour, fut l'un des principaux adversaires d'Eddy Merckx.

"Nous ne pouvions pas rivaliser avec eux, même si nous étions costauds aussi. Eux, c'étaient tous des rouleurs, Swerts, Spruyt, Van Schil, Huysmans, Bruyère, Van Springel... Trois, au moins, étaient capables de battre Merckx contre-la-montre. Je vais vous faire un aveu : Eddy, je l'admirais, je le trouvais toujours le plus fort, plus grand qu'il était. Je vais aussi vous dire que, sans lui, mes fils ne courraient peut-être plus. J'ai un troisième fils, Steve, plus âgé que les deux autres. Lui, il n'a pas percé. Aujourd'hui, il est échevin à Mondorf-les-Bains. Quand mes trois garçons roulaient dans les catégories de jeunes, Eddy m'a souvent aidé, en me faisant un prix sur le matériel ou même en m'en donnant. Équiper trois jeunes coureurs, ça coûte cher. Ça, n'oubliez pas de l'écrire..."


Aujourd'hui, un de vos fils est en position de gagner le Tour.

"Oui, après l'exclusion de Ricco, il reste quatre favoris à mes yeux : Evans, Menchov, Frank et Sastre. La pression va devenir de plus en plus grande, l'avantage de Frank et de Sastre, c'est qu'ils sont équipiers dans une formation, CSC, très forte. Pour eux deux, c'est cette année ou jamais."


Dommage pour lui qu'il n'ait pas pris le jaune à Hautacam.

"Au début, je ne pensais qu'à la victoire d'étape pour Frank. Puis, les gens ont commencé à me dire qu'il allait prendre le maillot. Poulidor m'a crié : Il va prendre le maillot, il va prendre le maillot. Il me félicitait déjà. Finalement, il manquait une seconde. C'était très triste. Ça lui aurait fait du bien de devenir maillot jaune après un autre Luxembourgeois. Frank est très ambitieux et il veut toujours être à la hauteur de Kim Kirchen. Avec ce maillot, il aurait été son égal."


Comment Frank doit-il faire dans les Alpes ?

"Frank ne peut pas se cacher. Il doit attaquer, il va perdre du temps dans le dernier chrono. Mais c'est un coureur qui est toujours devant. Contrairement à Andy."


Sont-ils différents ?

"Oui, Andy est plus cool, moins anxieux. Il traîne toujours en queue de peloton, contrairement à son frère. Andy n'a pas encore la mentalité d'un vrai pro, il est plus relax. Trop relax parfois, tout lui semble trop facile. Mais il a aussi du caractère, il gagnera plus facilement des courses que son frère car il sait être méchant ou égoïste quand il le faut. Frank pas. Pas assez. Pourtant, Andy a peut-être craqué un peu à cause de la pression. Je l'avais prévenu, le Tour n'a rien à voir avec le Giro. Je crois qu'intérieurement, il était plus stressé que ce qu'il montrait. Mais Frank, lui, s'inquiète dès qu'il voit que le ciel se charge de nuages et qu'il pourrait pleuvoir. Il est trop gentil."


Comment vivez-vous le Tour, leur Tour ?

"C'est d'abord moins stressant de suivre cela ici qu'à la maison. Mais je pense à leur santé; j'espère que tout se passera bien, qu'ils ne chuteront pas."


Comme Frank qui est tombé dans un ravin au Tour de Suisse après avoir frappé le parapet.

"Ça a été terrible. J'étais au Danemark, occupé à ramener un camion de CSC pour y faire appliquer le nom du nouveau sponsor, Saxo Bank. Ma femme m'a téléphoné; après, j'ai vu la chute à la télévision. C'était effrayant. Je ne veux plus jamais voir ça..."


Comment vivez-vous cette situation avec vos deux fils en haut de l'affiche ?

"Je ne réalise pas très bien mais ça me rend fier; je suis heureux de leur réussite. Tout le monde me félicite."


Vous les voyez sur ce Tour.

"Oui, bien sûr, mais je les laisse tranquille le plus possible. Ils ont à faire (massage, repos, dîner...). On se téléphone cinq minutes, ça suffit. Parfois, je passe un peu plus de temps, comme avec Andy après l'étape d'Hautacam. Il était déçu. Il a eu une fringale, il a pensé qu'il ne fallait pas trop se nourrir pour une étape de 150 km. C'est un manque d'expérience. En montagne, les kilomètres comptent double et au Tour, il faut toujours manger. C'est le métier qui rentre. Et le bon côté de la chose, c'est qu'il n'est plus dangereux au général, il va pouvoir chercher à gagner une étape et va aider son frère."


À gagner le Tour ?

"Non. Je ne veux pas l'imaginer, même dans mes rêves les plus fous. C'est trop grand !"

# Posté le mardi 09 septembre 2008 13:35

Modifié le samedi 06 juin 2009 20:42