Les aigles du Luxembourg - Partie 2

 Les aigles du Luxembourg - Partie 2
"J'ai pris beaucoup de confiance"

La différence entre Fränk et son petit frère Andy ? Cinq années de moins mais surtout "un plus gros moteur", en la faveur d'Andy. Le cadet de la famille avance doucement vers les sommets. Depuis qu'il court, le filiforme jeune homme vit avec la pression. Cette pression, il la gère sans pareil, comme lorsqu'il répond tranquillement aux questions avec le sourire, une dizaine de fois et en quatre langues.


Andy a une progression bien plus rectiligne que celle de son frère aîné. A 18 ans, il brillait déjà sur les championnats du monde et était repéré par Cyrille Guimard. Quand Fränk s'impose à l'Amstel Gold Race, à l'Alpe d'Huez, les observateurs avancent déjà le prénom d'Andy. "Il a une forte personnalité, c'est un autre caractère que Fränk qui a tendance à gamberger. Je dirais même qu'Andy lui donne confiance", assure René Thill

"Je connaissais son père et j'avais discuté avec lui aux championnats du monde juniors à Hamilton. Ses qualités ? Son père, sa mère et ses grands-parents. Quand vous avez les chevaux et le mental, vous êtes un grand champion, le reste c'est de la littérature." dit Guimard.

Le Français n'a pu conserver son joyau qu'un an. Très vite, l'ex-journaliste Luxembourgeois René Thill, très proche de la famille, le case chez son ami Bjarne Riis."J'ai dû beaucoup parlementer avec Riis pour qu'il engage Frank, ça s'était fait au dernier moment. Pour Andy, je lui ai simplement donné ses résultats. Et il m'a fait confiance."

Riis a eu raison: dès ses débuts, alors qu'il n'a pas 20 ans, il se fait remarquer par Lance Armstrong qui n'apprécie guère de voir un jeune coureur l'accompagner dans les montées du Tour de Géorgie. Schleck impressionne, 9ème des 4 Jours de Dunkerque et premier lieutenant de Lars Bak sur le Tour de l'Avenir. En 2006, il avait continué son apprentissage dans des courses ProTour comme le Tour d'Allemagne terminé à la 16e place, tout en aidant son leader Voigt. Puis 2007, il continuait avec des bonnes performances avec une 16e place à Paris-Nice et une 8e en Romandie.

Il abordait alors son premier Grand Tour en tant que coureur protégé et sa première semaine confirmait sa forme. «J'ai beaucoup appris en Italie, en seulement trois semaines", admet Andy. "J'ai pris beaucoup de confiance. Avant de m'aligner, je sentais bien que tout le monde se demandait dans quel registre j'évoluais. Étais-je grimpeur ? Rouleur ? Certains disaient même que j'étais trop lourd pour la haute montagne

Au final, tout heureux qu'il «grimpe aussi bien et roule aussi bien dans le chrono.». Beaucoup, dont son directeur sportif Alain Gallopin, s'attendaient à un jour sans, mais il n'est jamais venu: «On connaissait ses qualités et son potentiel. Mais je crois que son point fort, c'est son mental, sa capacité à surmonter la pression ». Il obtient finalement le premier accessit prometteur pour la suite de sa carrière. Terminer sur le podium d'un Grand Tour l'année de ses 22 ans est une performance peu commune.

Di Luca, le vainqueur, a rendu hommage à Schleck tout en ajoutant une note discordante: «Schleck sera plus à l'aise dans le Giro que dans le Tour. Pourquoi ? Dans un contre-la-montre du Tour de 50 kilomètres, Nibali mettra Schleck à deux minutes ! » Le pronostic, hasardeux, n'obèrait en rien l'avenir du jeune homme, qui disputait pour la première fois un grand Tour.

En quelques jours, l'Andymania a frappé l'Italie. On a ainsi vu fleurir sur le bord de la route des dizaines de banderoles à la gloire du coureur de Mondorf, devenu la coqueluche des tifosi, ou des panneaux tenus par des jeunes filles clamant "Andy, ti amo".
"J'aime cette popularité, cette gloire, je fais du vélo pour cela. Je suis fier d'avoir terminé 2e du Giro. Et en ces temps où le cyclisme souffre beaucoup, si je peux incarner quelque chose de positif, c'est très bien. Je n'oublie pas que Cunego avait 22 ans quand il a gagné son Giro et, depuis, il a éprouvé des difficultés à remplir toutes les promesses. Je reste les pieds sur terre. Je sais qu'on peut chuter aussi vite qu'on est monté."

Le maillot blanc conquis sur le Tour 2008 n'était qu'une nouvelle étape dans le plan de carrière fixé. A l'issue de l'étape entre Cuneo et Jausiers, où il écrème le peloton dans l'ascension de la Bonnette-Restefond, il constate que ses leaders "n'étaient pas trop bien", tandis que lui aurait pu rouler bien plus vite. Après chaque étape des Alpes, son frère assure qu'Andy est le plus fort. Toujours, Andy confirme, sans pour autant regretter un instant de ne pouvoir jouer sa carte personnelle.

En avril dernier, il a survolé la «Doyenne» des classiques, Liège-Bastogne-Liège, remportée en solitaire en attaquant dans la Côte de la Roche aux Faucons, à 20 kilomètre de la ligne. Comme Merckx et Hinault en leur temps, il a inscrit la classique la plus sélective à son palmarès avant d'atteindre ses 25 ans.

On risque donc encore d'en entendre parler dans les mois et les années à venir...

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 19:09

Modifié le mardi 24 novembre 2009 08:17

Les perles 2009 sur Fränk et Andy

 Les perles 2009 sur Fränk et Andy
BOUTADES FOIREUSES À LA PELLE

Juste un article pour le fun. Un florilège de déclarations, conneries, coquilles, boulettes... sur les deux Luxembourgeois à la télé et sur le web. Notamment lors du Tour 2009. Certaines sont amusantes, d'autres pitoyables. Moralité, quand on sait pas...


Côté Télé:

- «Andy Schleck à terre ! Andy Schleck à terre ! Andy Schleck à terre ! », Thierry Adam, pas au courant qu'Andy est maintenant champion du Luxembourg...

- « L'un des coureurs majeurs de l'équipe Ramso Bank, Fränk Schleck, lui qui l'an dernier avait gagné l'étape de l'Alpe d'Huez » Jean René Godart

- « un Schleck sans provision » Jean Paul Ollivier

- « Ouh la, Andy Schleck, ça va moins vite, il perd du temps là ! Le dernier kilomètre pénible... » L.Fignon
- « Contador va mettre tout le monde à 1 minute. Wiggins qui est en train de surprendre tout le monde là » T. Adam
- « Wiggins qui risque de revenir sur Andy Schleck ! » L Fignon
- «... Le champion du Luxembourg qui a repris du temps !! » T. Adam
- « Attendez Thierry, il y a le dernier virage... » L. Fignon
- « ... Il a repris 2 secondes à Contador dans ce dernier kilomètre ! 43 secondes de retard» T. Adam

- « Andy qui a crevé » Richard Virenque
- « 50ème arrêt pour Andy Schleck sur ce Tour de France ! » Jacky Durand
- « Encore une fois, on fait gagné le vélo d'Andy Schleck, le réplica, grâce à Guillaume, mais on fait pas gagner les boyaux qu'il a choisit pour ce Tour ! » Patrick Chassé

- « Je suis un bon descendeur et j'ai vraiment pas peur de la descente » Fränk Schleck interviewé
- « Heureusement que Fränk Schleck n'écoute pas Eurosport, Jacky Durand aussi il a dit que c'était un mauvais descendeur. » Patrick Chassé

- « Pff ! Toujours les mains en haut du guidon. C'est pour ça qui descend pas bien, qu'il est pas très adroit dans le peloton, il a une position trop sur l'avant » L. Fignon qui met les "tares" du grand frère sur le petit

- «Toujours cette position bizarre de Fränk Schleck ! euh...Andy. On peut pas allez vite ! On vire mieux quand on a les mains en bas, C'est pour ça qui va pas très vite dans les descentes. [...] Ah ben ils gagnent du temps sur tout le monde finalement dans la descente. » L.Fignon
- « Il a gardez son imper ou quoi ? Pourquoi il a pas son maillot de champion du Luxembourg ? » T. Adam
- « Il a le maillot blanc » L. Fignon
- « Ah oui, Il a le maillot blanc ! D'un seul coup, j'ai eu un doute » T. Adam
- « La fin de la Colombière a été dur... pour tout le monde » L.Fignon

- «On aperçoit les frères Schleck. Regardez cette image assez étonnante, on a l'impression qu'ils communient ensemble » Patrick Chassé

- «Fränk Schleck aura été un petit peu tout le temps, le "frein à main" d'Andy Schleck ! » T. Adam


Côté web:

- "Les frères Luxembourgeois sont largement surévalués. Jamais ils ne remporteront un grand tour, ils n'ont pas le talent nécessaire"

- "Andy Schleck est un petit prétentieux, il ne parviendra jamais a gagner le tour de france"

- "Je ne crois pas aux capacités de grimpeur d'Andy. Morphologiquement, avec de grandes cannes longilignes, je ne vois pas comment on pourrait le qualifier de grimpeur... En montagne, il faut pouvoir répondre à des attaques nerveuses, pas seulement rouler au train..."

- "Les Schleck, c'est grandes gueules, petits bras et petites jambes...."

- "Cancellara et Voigt ne pourront pas être à fond pendant le clm par équipe sinon les Schleck seront lachés."

- "Si Andy arrive à faire 4ème derrière les 3 Astana ça serait super bien. Le seul suspens: Andy Schleck empêchera-t-il Klöden de réaliser le triplé pour Astana ?"

- "Les freres Schleck sont incapable de larguer Armstrong"

- "Son je m'enfoutisme et sa nonchalance vont le faire terminer comme Ullrich. Très fort, mais battu par des mecs plus faibles mais mieux préparés physiquement."'

- "Son attitude en course, entre les je me retourne pour voir où est mon frère, je pédale à l'envers pour pas que mon frère saute du podium ou j'attaque, je donne tout, j'écrase les pédales et je vois ce que ça donne, ça ne marchera qu'un temps. Sans pointe de vitesse, sans rigueur tactique, attaquer 23 fois dans la même course même sur le plat et ne pas savoir descendre un col sans risquer de tomber dans le ravin, on ne devient pas un champion."

- "Fränk, un boulet pour son frère. Il ne deviendra jamais un grand coureur ! S'il veut gagner un Tour, il doit se séparer de son frère et rejoindre une équipe qui sait gagner le Tour"

- "A Annecy, les frères Schleck vont prendre 4-5 minutes !"

- "Andy, c'est déjà un rouleur sensationnel. C'est celui qui m'avait le plus époustouflé à Annecy. Une grande brêle sans style et sans puissance qui termine devant Vandevelde, Bruseghin ou Nibali et à quelques secondes de Grabsch, Rogers, Armstrong ou Clement sur un parcours tout plat, vent de face. Bluffant."

- "Andy Schleck a montré a quel point c'était un gogole. Pff il fait de la peine, a part des accélérations de 20 m, il a fait quoi ?"

- "Andy faut lui payer un rétroviseur. Franchement, et lui apprendre à utiliser son neurone..."

- "Quand Boonen va mettre en route dans les pavés, Spartacus sera obligé d'attendre Andy qui sera à la ramasse, J'espère qu'Andy va se mettre devant Frank car l'aîné vu son agilité pourrait bien faire tomber tout le peloton."


# Posté le vendredi 20 novembre 2009 15:14

Modifié le samedi 21 novembre 2009 17:37

L'histoire des Schleck

Il s'agit d'un reportage diffusé en 2008 par RTL Lëtzebuerg. On peut notammment voir les deux frangins durant leur enfance, mais aussi leur père Johnny et le frère aîné, Steve, roulant tous ensemble, dans la campagne du Luxembourg.

Video en luxembourgeois, mais la personne qui a posté cette vidéo, a eu la bonne idée de mettre des sous-titres en anglais.

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 13:55

Modifié le lundi 23 novembre 2009 09:20

Bobby Julich évoque les Schleck et le contre-la-montre

 Bobby Julich évoque les Schleck et le contre-la-montre
"J'aime la manière dont il conçoit le cyclisme"

Retraité depuis septembre 2008, Bobby Julich, spécialiste du contre-la-montre, fait toujours partie de l'équipe Danoise en tant que Rider Development Manager. L'ancien coureur cycliste américain est aujourd'hui comme un "conseillé", notamment en contre-la-montre auprès de ses anciens coéquipiers de la Saxo Bank. C'est un mentor, un exemple pour les jeunes de l'équipe. Il évoque ici les aptitudes dans l'exercice solitaire des deux Mondorfois.


"J'essaye depuis plusieurs années de faire passer un message concernant le contre-la-montre à Fränk et Andy. Jusque il y a peu, ils manifestaient une certaine réticence par rapport à cet exercice. C'était toujours : « Ecoute Bobby on a compris mais... »

Cette année, j'ai vraiment remarqué un changement chez Andy. Pour la première fois, il m'écoutait vraiment. Fränk et encore plus Andy ne deviendront jamais des spécialistes de cette discipline. Il n'y a cependant aucune raison qu'ils soient incapables de faire un chrono décent.

Le gros problème d'Andy a toujours été sa concentration. Après une course contre-la-montre, il vient avec des petites phrases du genre : « Mouais... Ça s'est bien passé jusqu'aux 5 derniers kilomètres » ou « J'ai perdu le rythme dans les 10 derniers kilomètres... » Je lui ai expliqué qu'il devait voir chaque chrono comme un test, un exercice qui lui permettrait de conserver sa concentration.

Cette année, il a compris que beaucoup de temps et d'argent avaient été investis pour tenter de l'aider. La pièce est enfin tombée.

D'ailleurs en plaisantant lors de la soirée qui concluait le Tour, j'ai dit à Andy qu'il était capable de gagner s'il continuait à améliorer ses capacités lors des chronos. Sérieux à mourir, Andy m'a répondu : « Bobby, je le sais ! »

Et je suis certain qu'il peut encore beaucoup s'améliorer en se concentrant, en faisant des exercices de stretching pour devenir plus souple et plus aérodynamique et en travaillant son mental.

"Andy c'est Andy. Il oublie les interviews et un tas de choses qu'il doit faire mais la particularité de Fränk et Andy c'est qu'ils sont vraiment très différents mais s'entendent à merveille. Cela reste cependant un équilibre instable. Peut-être que si Andy se souciait plus de petits détails, il serait moins efficace.

J'aime la manière dont il conçoit le cyclisme : comme un sport et rien de plus."




La carrière de Bobby Julich en bref:
Né le 19 Novembre 1971
États-Unis
Catégorie: rouleur
Equipes:(1995-1996) Motorola
(1997-1999) Cofidis
(2000-2001) Credit Agricole
(2002-2003) Telekom
(2004-2008) Team CSC
retraité

Principales victoires:
Vainqueur du Critérium International 1998 et 2005
Vainqueur de Paris-Nice 2005
Vainqueur du Tour du Benelux 2005
3ème du Tour de France 1998
Médaille de bronze aux Jeux Olympiques d'Athènes 2004 (C.L.M. Ind)

# Posté le mercredi 18 novembre 2009 18:06

Modifié le vendredi 20 novembre 2009 09:04

Fränk Schleck pense à 2010

 Fränk Schleck pense à 2010
"Le premier objectif sera les classiques"

Après avoir subi une opération du genou gauche fin septembre, Fränk est remis sur pied. Les frères Schleck ont décidé de s'accorder plusieurs jours de détente, avant de commencer la préparation pour la saison 2010. Dès le week-end prochain, ils partent aux Canaries pour un stage d'entrainement


"L'inflammation a disparu et je ne ressens plus aucune douleur. Après une saison qui a été très stressante aussi du point de vue mental, je pense qu'il est très important de passer à autre chose. J'ai tiré profit de l'opération parce que j'ai pu avoir plus de temps pour faire des choses que je ne fais pas habituellement au cours de la saison, ou que je fais à quelques reprises parce que je n'ai pas assez de temps.", explique Fränk.

Jusqu'au 29 novembre, les 2 frères seront au Luxembourg. Puis ils iront sur l'île de Fuerteventura, une île des Canaries, le 30 Novembre afin de prendre part à un traditionnel camp d'entrainement de la Team Saxo Bank. Ils reviendront au Luxembourg deux semaines plus tard.

Durant la première semaine du camp d'entraînement, les coureurs devront faire face à une série d'épreuves, ce sera un "survival camp", le fameux "camp commando" de Bjarne Riis. Au cours de la semaine suivante, ils s'entraineront normalement. Puis Fränk et Andy passeront la fin du mois de décembre à Luxembourg, avant d'attaquer 2010.

"Le premier objectif de l'année sera les classiques ardennaises et le second ce sera le Tour de France. Les Championnats du Monde de Melbourne sont un objectif: c'est toujours un honneur de porter le maillot de l'équipe nationale du Luxembourg"

"Cette année nous avons fait notre première course de la saison au Tour de Californie, mais l'an prochain, cette course aura lieu en Mai et nous allons probablement devoir commencer notre saison avec une course européenne. Le Challenge de Mallorca
sera probablement notre première course de l'année."

"Nous allons avoir un camp d'entraînement aux îles Baléares, avant de prendre part à la course et après cette course, nous allons courir les courses habituelles, nous participerons par exemple à Paris-Nice."

"Nous n'avons pas décidé le calendrier complet pour 2010 encore. Avant Juillet, nous allons également aller repérer quelques étapes du Tour de France, même si nous avons pas encore décidé si nous allons y aller avant le Tour de Suisse ou après le Paris-Nice."

"Nous allons aussi avoir une équipe très forte en 2010. Oui, Karsten Kroon et Kurt-Asle Arvesen, des coureurs qui ont été très importants, ont décidé de changer d'équipe, mais il y a certains coureurs très jeunes et forts qui effacerons le vide laissé par Kurt et Karsten. Matti Breschel et Jakob Fuglsang par exemple, seront certainement encore plus fort la prochaine saison. Je pense aussi que la nouvelle recrue Laurent Didier va intégrer l'équipe sans aucun probleme. Je pense aussi que je serai capable de jouer un rôle encore plus important dans le team."

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 14:24

Modifié le vendredi 04 décembre 2009 14:32

Andy se confesse avant d'attaquer 2010

 Andy se confesse avant d'attaquer 2010
"Je me sens prêt comme jamais..."

Son succès dans Liège-Bastogne-Liège. Ses relations avec son frère Fränk et leur avenir commun. Ses ambitions. Son travail hivernal. Alberto Contador. Andy Schleck n'élude rien... Nous aurions peut-être pu, nous aurions peut-être dû, commencer notre entretien par cette question-là : dans quel état d'esprit se trouve Andy Schleck alors que la fin de l'année s'annonce ? Mais elle est venue ponctuer la fin de cette interview pour confirmer ce que nous avions ressenti au fil des minutes. En cette fin d'année, Andy Schleck se trouve dans les meilleures dispositions.


«Jamais, je ne me suis senti aussi bien en cette période. J'ai passé mes meilleures vacances à Curaçao, en famille avec mes frères et ma mère. Il ne manquait que mon père. Dommage ! Et aujourd'hui, j'ai hâte de me retrouver pour les premiers stages avec mes coéquipiers. Vraiment, je pense que je n'ai jamais été aussi motivé que ça pendant l'hiver...»

C'est en effet cette nette impression qui n'a cessé de transpirer dans cet échange qui nous plonge vers 2010...

Andy, vous avez stoppé votre saison fin septembre avec les Mondiaux de Mendrisio. Deux mois après, avez-vous eu le temps d'apprécier une saison marquée par votre succès magistral dans Liège-Bastogne-Liège et votre deuxième place dans le Tour, derrière Alberto Contador ?


Andy Schleck : "Pour Liège, j'ai accompli un rêve. Sur le moment je n'ai pas bien réalisé car les choses s'étaient enchaînées. Bon, je savais ce que c'était comme classique, quand même. À mon avis, elle est même plus belle que Paris-Roubaix. Je savais que je pouvais la gagner. Après, ça faisait longtemps qu'un coureur ne s'y était pas imposé en démarrant d'assez loin. Je suis fier de ça. Je pense que j'y ai réalisé quelque chose de grand. C'est ce que m'a dit Lance Armstrong pour me féliciter, un jour dans le Tour. "Jamais je n'ai vu un coureur gagner cette classique comme tu l'as fait", m'a-t-il dit. Le compliment m'a fait plaisir, oui, j'étais assez fier..."


Puis en juillet, il y eut ce Tour de France. Votre deuxième place, la cinquième place de Fränk...

"Le super bon moment pour moi, c'est le succès de Frank au Grand Bornand. Cette étape, c'était un truc familial, un truc super, vraiment. C'était émouvant après la chute de Jens Voigt."


Quel a été d'ailleurs votre plus beau souvenir de ce Tour 2009 ?

"Ça peut paraître bizarre mais pour moi, c'est au sommet du mont Ventoux. À un moment, juste après l'étape, sur le podium, j'ai regardé le ciel bleu car il faisait très beau ce jour-là. Et comme il n'y avait pas beaucoup de monde autour de moi, je suis parti dans mes pensées. Je garderai toujours ça en tête. Nous étions la veille de l'arrivée à Paris, il y avait ce ciel bleu et je voyais, au loin, la France qui s'arrondissait. C'était super joli, j'y repense souvent..."


Votre Tour de France a encore accéléré votre popularité, déjà grande. Comment vivez-vous cela ?

"Je ressens une grande fierté pour moi, pour ma famille et mon pays. Un exemple, l'autre jour j'étais en Allemagne. Quelqu'un m'a dit : "Le Luxembourg? Le pays des cyclistes?" Avant, on assimilait le Luxembourg aux banques. Maintenant c'est le cyclisme. Je suis fier de contribuer à ça. Et c'est vrai que c'est devenu une réalité grâce au Tour, évidemment la plus grande course du monde. C'est aussi comme ça qu'on gagne notre argent, j'en ai bien conscience et je ne peux pas m'en plaindre."


C'est ce qu'on appelle la notoriété...

"Oui, mais je sais aussi que tout ça peut s'arrêter très vite. Le cyclisme est un sport dangereux. On peut tomber, se blesser. On le voit tous les jours. Prenez le jeune Italien qui vient de mourir accidentellement à l'entraînement" (NDLR : il s'agit du champion d'Italie juniors, Anthony Orsoni, décédé dimanche). "Tous les jours en course, tu joues ta vie. Il faut parfois penser à ça. Si on se blesse, on peut vite revenir à zéro. Mais, fort heureusement, lorsqu'on sort à l'entraînement, ici, au Luxembourg, on se sent en sécurité. C'est le paradis pour s'entraîner."


Pour revenir une dernière fois sur 2009, le fait de n'avoir pas pu aller au bout de votre Vuelta et de n'avoir pas pu jouer un rôle majeur lors des Mondiaux de Mendrisio constitue-t-il un léger regret pour vous ?

"En sortant du Tour, je me sentais en pleine forme et j'ai enchaîné les critériums. Puis d'un coup j'ai ressenti la fatigue. Une énorme fatigue. Pendant une semaine, je n'avais plus envie d'entendre parler de vélo. J'étais saturé. Même regarder une course à la télé m'était insupportable. Après, j'ai repris l'entraînement pour repartir sur la Vuelta. Frank me disait : "On va aller sur la Vuelta et puis enchaîner avec les Mondiaux". Et je me suis bien entraîné et présenté au départ de la Vuelta."


Finalement, vous avez été contraint à l'abandon...

"Oui, dans la nuit avant une étape, j'ai souffert d'une gastrite, j'ai donc décidé de rentrer à la maison. Après, une fois rentré, je me suis entraîné mais, dans ma tête, c'était fini. Je n'avais qu'une envie, celle de partir à la pêche ou de marcher avec mes chiens. Et les Mondiaux ont été un désastre pour moi. Alors, j'ai décidé de ne pas aller plus loin, de faire l'impasse sur le Tour de Lombardie. J'ai dit à Bjarne Riis et Kim Andersen : "J'arrête là. Si je veux faire une bonne saison 2010, il faut que je souffle."


Quel est le résultat ?

"Je peux dire que c'était la bonne décision car jamais je n'ai bossé comme ça. Depuis le retour de vacances, on varie les entraînements. Vendredi, avec Fränk on a fait six heures! C'est la première fois que ça m'arrive. On fait de la musculation, de la natation et du vélo. C'est bien pour établir de bonnes bases. J'ai vraiment envie de reprendre les stages, de rejoindre les potes lors du premier camp"


On vous sent impatient !

"Je suis vraiment content, c'est vrai. D'autant plus qu'on va varier les efforts. J'ai même quatre jours de ski de prévus par après. Je me souviens qu'avant d'aller faire deuxième du Giro en 2007, j'étais allé faire une semaine de ski entre Paris-Nice et le Critérium International..."


On sent que le plaisir est revenu...

"Je me sens prêt comme jamais, en effet. Je m'entraîne sans stress et je prends donc beaucoup de plaisir. En ce moment, mon truc, c'est de rouler dans les bois sur un vélo de cyclo-cross que m'a monté Specialized. Un petit bijou, ce vélo !"


Si on évoque la saison à venir, on peut se dire que votre équipe Saxo Bank semble un peu moins forte. C'est votre avis ?

"Pour les grandes courses, non, je ne le pense pas. Karsten Kroon était précieux dans les classiques mais avec un gars comme Jakob Fuglsang on sera très forts. Il a fait l'an passé un super boulot pour moi dans Liège-Bastogne-Liège. Kurt-Asle Arvesen est aussi parti. Il restera toujours un ami à moi également. Comme pour Karsten. Ils sont partis, c'est comme ça dans la vie. On reste amis. Moi aussi, un jour, il se peut que je ne roule plus pour les mêmes couleurs. C'est normal dans une carrière."


Justement, votre contrat court jusqu'à la fin 2010 et on sait que vous êtes très logiquement demandé par les meilleures équipes du monde. On sait que RadioShack s'intéresse d'ailleurs beaucoup à vous...

"De toute façon, concernant mon avenir, c'est clair et net, ce ne sera jamais sans Frank! Mon avenir sera toujours lié au sien. Ce sera un package ou rien, quitte à ce que je gagne moins d'argent. Mais le problème ne se pose pas, je suis très content d'être dans cette équipe. Rien qu'à l'idée de retrouver tous mes copains, ça me fait du bien. "


Votre comportement, au fil des ans a-t-il évolué justement avec vos coéquipiers ?

"J'en serai déjà à ma sixième saison chez les pros. Je me souviendrai toujours que Bjarne Riis m'a donné ma chance alors que je n'étais rien. Je le remercierai toujours pour ça. Sinon, par rapport à mes coéquipiers, j'aime que les nouveaux pros viennent demander des conseils. Par exemple, lorsqu'ils essaient de calquer leur entraînement sur le mien en début de saison, je n'hésite pas à les déconseiller de le faire. Je leur dis de faire leur programme, avec leurs watts car c'est comme ça qu'on progresse, étape par étape."


On sent en vous une grande maîtrise, en compétition comme en dehors...

"J'ai pris pas mal d'expérience mais en course, je me trouve encore trop nerveux. Je ne remercierai jamais assez Frank pour le rôle de guide qu'il tient auprès de moi. Dans le feu de l'action, il voit toujours très bien la course. Il me dit de faire attention à ceci ou cela. J'en suis sûr, sans lui, je n'aurais jamais terminé deuxième du Tour."


Puisque vous parlez de Fränk, il expliquait récemment pourquoi lui viserait plutôt Liège-Bastogne-Liège et vous l'Amstel Gold Race. Vous partagez cet avis ?

"Tout à fait, c'est ce qu'on voudrait réaliser dans l'idéal. Bien sûr, on ne peut pas savoir à l'avance comment les courses vont se passer. Mais j'aimerais bien gagner l'Amstel alors que Fränk a tout ce qu'il faut pour gagner à son tour Liège-Bastogne-liège. Dans tous les cas il faut être à cent pour cent à Liège. C'est pour ça que c'est peut-être trop risqué pour nous de nous aligner auparavant dans le Tour des Flandres. Dans quelques années, pourquoi pas..."


Après les classiques viendra votre deuxième objectif, le Tour de France...

"Et le Tour, je suis déjà concentré dessus! Pour pouvoir le gagner un jour, car ça reste mon objectif, je sais que je dois encore progresser en contre-la-montre. En ce moment, je bosse beaucoup les jambes, le dos et même les bras même si je ne tiens pas à prendre trop de poids. De toute façon, je pense que j'ai quand même bien progressé, année après année dans les chronos."


L'avance de Contador dans ce domaine sera-t-elle encore importante ?

"Le but de ma carrière, c'est clairement de remporter le Tour. Et pour le moment, il y a plus fort que moi. Un coureur comme Contador, j'aurais aimé ne pas devoir le croiser. J'aurais bien aimé qu'il soit là dix ans plus tôt! Avec lui, nous tombons sur un très grand talent. Peut-être même qu'il est plus fort que Lance Armstrong."


Comment le battre ?

"Il montre quelquefois des faiblesses. Comme sur Paris-Nice. Donc il n'est pas imbattable. Pour réussir, nous, on se doit de tout faire à 100%. Après, je fais ce qui est possible de faire. Si je ne gagne pas et que j'ai fait le maximum, je seraicontent quand même du moment que j'aurai tenté de réussir à gagner le Tour. Et si jamais je ne suis pas sur le podium, je ne mourrai pas de ça. Et pour le moment, le grand favori, ça reste Contador."


Son équipe pourrait-elle être sa faiblesse en juillet prochain ?

"Non car en 2010, il n'y aura pas de contre-la-montre par équipes. Si jamais il y en avait eu un comme cette année, alors oui, ce serait sa faiblesse. Dans le prochain Tour qui est très montagneux, il suffirapour Alberto d'être entouré de deux, trois grimpeurs. Mais son problème, ce seront les pavés. C'est dans cette étape qu'il pourrait souffrir alors que Fränk et moi, on pourra compter sur des spécialistes des pavés comme Fabian, Stuart ou Matti . On sait que s'il y a moyen, on va y aller à fond. D'ailleurs, on ira s'entraîner autant qu'il le faudra en reconnaissance sur cette étape."

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Le premier stage du Team Saxo Bank débute samedi à Fuerteventura avec le traditionnel camp de survie pour la première semaine suivie d'une semaine de reprise sur le vélo. Auparavant, les frères Schleck seront en représentation avec des sponsors de l'équipe, au Danemark.

Programme novembre-décembre

Fränk et Andy Schleck


29 novembre - 10 décembre
Training Camp Saxo Bank (Fuerteventura, îles Canaries) (ESP)

# Posté le mercredi 25 novembre 2009 07:15

Modifié le samedi 28 novembre 2009 12:25

Andy Schleck ou Burry Stander ?

Voici en vidéo, le duel du 22 octobre dernier entre Burry Stander et Andy Schleck.





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S'ENTRAINER AVEC FRÄNK ET ANDY

Fränk et Andy Schleck ont été les coaches personnels de quelques privilégiés pour un entraînement spinning de pro au centre CK Fitness du complexe Les Thermes ce mardi 24 novembre 2009.


Les premières échéances arrivent ce week end pour la plus célèbre des fratries du Grand Duché, avec le premier camp d'entrainement de la Team Saxo Bank aux Canaries qui aura lieu durant une quinzaine de jours. En attendant ils se sont prêtés à une opération commerciale.

Tango, l'un des principaux opérateurs de télécommunications du Luxembourg, organisait un jeu concours du 4 au 19 novembre 2009. 15 personnes ont ainsi pu participer à une séance d'entrainement de vélo coaché par Andy et Fränk. Le mardi 24 novembre 2009 au CK Fitness center du complexe les Thermes de Strassen. localité du luxembourg située à une trentaine de kilomètre de leur domicile de Mondorf-les-Bains. Journée exceptionnelle pour ces heureux gagnants !

Forts de leurs succès récents, Fränk et Andy Schleck, furent déjà en 2008, les égéries d'une campagne publicitaire de Tango.

Les représentations commerciales se poursuivent ces prochaines heures pour les frères Schleck, cette fois avec des sponsors de l'équipe, au Danemark.

Par ailleurs, pour être complet, on peut retrouver des interviews du coureur Luxembourgeois ce mois-ci dans trois magazines étrangers: Cycle Sport Magazine, Mountain Bike et Ciclismo a Fondo. Ainsi qu'un poster des frères Schleck dans le nouveau numéro de Ciclismo en Ruta.

# Posté le mardi 24 novembre 2009 08:54

Modifié le jeudi 26 novembre 2009 08:11

Le journal d'Andy Schleck - numéro 11

Le journal d'Andy Schleck - numéro 11
LES ROBOTS ONT AUSSI DES SENTIMENTS

"Ce mois a été une autre aventure pleine d'action, en partant à South Beach, des alligators dans les Everglades, les dauphins à Curaçao, la natation avec Thor Hushovd, le déjeuner avec Alberto Contador, le dîner avec les Sciandri, un nouveau cyclo-cross Specialized et beaucoup, beaucoup plus. Bien sûr, la plus grande des nouvelles, c'est ce que mon frère Fränk a proposé à son amie de longue date, mais nous y reviendrons en temps voulu.

Nous allons commencer avec mes premières vacances de l'année, à Miami. Comme vous savez j'aime les Etats-Unis, c'est l'une de mes destinations favorites et l'an dernier, j'ai célébré le Nouvel An avec Fränk et Karsten Kroon, à New York City. Cette fois, Fränk, deux amis et moi nous avons décidé de voir un nouvel endroit et ayant toujours voulu aller à Miami, c'était un choix facile à faire. Nous avons passé cinq jours dans un point chaud inondé de soleil et nous avons gouté un certain R & R. Nous avons fait un voyage aux Everglades un jour et vu les alligators, mais le point culminant a été la vie nocturne.

Je ne suis pas un garçon de fête typique; j'aime un restaurant agréable et un bar avec des amis proches de sorte que chaque soir, ça nous obligeait à choisir un restaurant et d'essayer quelque chose de nouveau. Une nuit, nous somme tombés sur celui du papa de Max Sciandri. Il possède un excellent restaurant et Max étant en ville, nous avons pu le voir. Au cours du dîner Max se pencha et chuchota: «Andy, tu as déjà assisté à un défilé de mode?" "Non Max, jamais», je lui ai répondu avec un peu de prudence. Vous pouvez deviner où nous nous avons finis, n'est ce pas ? Pour être honnête, c'était un peu bizarre de voir tous les top modèles sortir dans des vêtements bizarres, mais là encore il y avait ses avantages aussi.

Le prochain arrêt était Curaçao, mon lieu de repos hors saison lors des quatre dernières années. Cette année, toute ma famille est venue ainsi c'était encore plus spécial que d'habitude et j'aime toujours autant que ma première visite. Avec le Critérium, il ya toujours quelque chose à y faire. Léo, l'organisateur, met toujours un bon spectacle pour les coureurs et leurs familles et amis aux Lions Dive and Beach Resort. Donc, je me suis prété aux manigances typiques - nager avec les dauphins, bien que je l'ai fait tant de fois je pense qu'ils me reconnaissent maintenant. Il y avait un type allemand qui avait peur des dauphins et refusait d'entrer dans l'eau avec eux, mais une conversation rapide de Fränk et moi, pendant laquelle nous lui avons appris que les dauphins sont d'adorables créatures, et il barbotait bientôt comme un enfant dans l'eau.

Mais pour moi le meilleur moment, de loin, a été la nuit du barbecue. Nous étions tous sur la plage et les organisateurs présentait un feu d'artifice splendide comme décor un bateau au large. J'étais debout à côté de Fränk et il se tourna vers moi et me dit: "C'est maintenant le bon moment? Dois-je lui demander?" Quelques minutes plus tard et compte tenu de tout le monde Fränk a un genou à terre et a demandé à Martine de l'épouser. Nous attendions tous avec impatience, retenant notre souffle, mais quand elle a rompit le silence, les larmes aux yeux, et dit oui c'était incroyable. Fränk n'est pas seulement mon frère, c'est mon meilleur ami et Martine, c'est une grande fille et je sais qu'ils vont être tous les deux, très heureux ensemble.

Le reste des vacances a filé comme j'ai passé mon temps à l'extérieur, déjeuner avec Alberto Contador, à la natation avec Brice Feillu et Thor, après avoir bu quelques bières et fait un peu d'exercice.

Est-ce qu'il est étonnant que tant de coureurs d'équipes différentes passent leurs vacances ensemble ? Je ne crois pas. Alberto Contador est un garçon normal et, comme moi, il aime la solitude, que vous pouvez retrouver après une saison longue et difficile. C'est la même chose avec Thor. Une chose que je peux vous dire, c'est que le cyclisme est loin de nos esprits et nous en parlions à peine. La perception courante est que nous sommes des robots: formés à la naissance à monter sur nos vélos, programmés et conditionnés à souffrir, pour voyager et courir, suivre des ordres d'équipes. Mais la vérité est que nous sommes comme une quelconque catégorie de la société. Certains d'entre nous sont bons, certains mauvais, certains drôles et certains sont sérieux. Nous ne sommes pas des robots et avoir le temps du temps entre la course et les médias est vraiment important.

Mais maintenant je suis à la maison, mes batteries sont rechargées et je suis vraiment heureux de commencer mon entrainement pour 2010. Je ne suis pas du genre à me mettre trop de pression sur moi mais je sais que l'année prochaine va être l'année la plus importante de ma carrière jusqu'à présent. J'ai le temps de mon côté mais l'année dernière je suis allé au Tour de France comme un prétendant pour le top dix, mais l'année prochaine je vais y aller comme l'un des favoris. Je pense qu'il y aura cinq d'entre nous en lice - Contador, Armstrong, Wiggins, Fränk et moi-même. Il ya peut-être cinq autres gars qui pourrait réussir, mais ces cinq décideront probablement de la course et le podium.

Je vais parler à Bjarne Riis, mon patron d'équipe, le 29 et à cette réunion, nous allons décider de mon programme de course. Pour l'instant il semble que je commencerais avec le Challenge de Majorque, en Espagne. Je vais probablement y rester pour quelques jours après la course afin de m'entrainer, mais encore une fois mon premier grand objectif sera les classiques et de défendre mon titre à Liège. De là, je pourrais faire le Tour de Californie comme j'aime vraiment la course et ça pourrait me convenir. Le prochain objectif est bien sûr le Tour. Puis-je atteindre un niveau maximal deux fois en une saison ? Oui, et je pense que je peux atteindre un niveau encore plus élevé pour le Tour. Bien sûr, le Tour est la course la plus importante de l'année mais avoir Liège dans votre palmarès est une chose assez cool aussi.

L'heure du test

Maintenant je dois vous laisser car j'ai besoin de remplir mon formulaire de localisation. J'en ai parlé auparavant, mais j'ai toujours des réserves sur certains des aspects concernés. Je sais que cela est nécessaire et important, mais parfois ça peut être une douleur et je m'inquiète au sujet d'un manque d'un test. J'essaie de ne pas tirer des trous dans le sport, je vais être très honnête. Par exemple, j'ai un coéquipier qui a fait une soirée surprise une nuit. Il avait un peu bu et décidé de rester chez des amis, plutôt que rentrer à son domicile Le lendemain matin, le testeur est arrivé et il avait un contrôle manqué.

Je suis pour les tests, je n'ai rien à cacher, alors si les gens veulent me suivre 24 heures sur 24, c'est excellent mais je pense que le système pourrait être plus souple. Il semble que nous payons pour les erreurs des coureurs avant moi. Je sais que cela fait partie intégrante d'être un athlète et je félicite tous les efforts pour un sport propre, donc c'est plutôt une observation d'un discours. Mais que faire si je veux faire une croisière d'une année? Je n'ai aucune idée comment cela peut fonctionner avec le système de localisation. Peut-être que les testeurs viendront avec moi ou me chopper dans le style Apocalypse Now. Je ne sais pas. Le cyclisme est ma passion et mon travail mais ce n'est pas ma vie. Comme je l'ai dit, nous ne sommes pas des robots.
"



# Posté le mercredi 25 novembre 2009 18:25

Modifié le vendredi 27 novembre 2009 12:36

Premier camp d'entrainement pour les frères Schleck

 Premier camp d'entrainement pour les frères Schleck
PRÉ-SAISON À FUERTEVENTURA

Pour Fränk et Andy Schleck et leurs coéquipiers de l'équipe Saxo Bank, la phase de préparation de la saison prochaine débute ce week-end en terre Espagnole. Un camp de survie et un camp d'entraînement attendent les Luxembourgeois sur l'île de Fuerteventura, aux Canaries.


Pour la première fois depuis sa création en 2001, la Team Saxo Bank, ex-Team CSC, tient un camp d'entrainement à Fuerteventura. Toute l'équipe est réuni pendant un peu plus de deux semaines sur l'île espagnole, et il y aura à surmonter certaines épreuves difficiles. Pour les premiers jours, c'est le camp de survie, le déjà célèbre camp "commando" de l'équipe danoise.

Cette année, juste avant le départ du Tour de France à Monaco, le manager Bjarne Riis avait présenté comme partenaire Holiday Resort Playitas. Le contrat court jusqu'à la fin 2010. Le contrat a été convenu que les Saxo Bank tiendront leur camp d'entrainement sur l'île espagnole de Fuerteventura, dans Playitas Resort.
"L'accord est plus qu'un simple parrainage car il est un exemple d'un partenariat concret et parfait. Avec Playitas nous avons une grande base pour nos coureurs" a déclaré Riis.

Le lancement du "survival camp" aura lieu ce samedi.
"C'est toujours une expérience intéressante. Vous devez toujours repousser vos limites, parce que personne n'est épargné. Vous vous rendez compte que même si la situation semble désespérée, ça reste réalisable", a déclaré Andy.

Son frère aîné Fränk ajoute:
"Dans les moments de fatigue, l'épuisement et la faim se manifeste, le coureur devra gardé la tête froide, sinon il ne peut motiver ses coéquipiers. Simulant ainsi une situation de course, c'est intéressant d'observer les réactions de chacun. "

Seul hic, une petite blessure... de chasse:
Lors d'une battue, mercredi dernier, Fränk Schleck s'est fait une petite frayeur. Il s'est en effet abîmé le lobe d'une oreille. Rien de bien méchant mais Pascal Kess, médecin à l'hôpital de Dudelange et également un cycliste connu du LC Kayl, lui a arrangé ça.

Le duo sera de retour au Luxembourg, le 10 décembre, pour la soirée de gala de l'Association sportive nationale de presse Luxembourgeoise puis ils passeront la fin de l'année au Grand-Duché. En Janvier aura lieu un autre camp d'entrainement. Ils débuteront la saison au Challenge de Majorque (du 7 au 10 février).


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Programme novembre-décembre

Fränk et Andy Schleck


29 novembre - 10 décembre
Training Camp Saxo Bank (Fuerteventura, îles Canaries) (ESP)

# Posté le mercredi 25 novembre 2009 06:41

Modifié le samedi 28 novembre 2009 13:30

Andy Schleck fait le point

 Andy Schleck fait le point
"On ne sait jamais à quoi s'attendre"


Pour les coureurs de la Saxo Bank, les choses sérieuses ont désormais commencé. ils vont faire face à une série d'épreuves. Mais Andy Schleck débarque à Fuerteventura, plein de vigueur et de motivation. Les batteries sont rechargées et l'entraînement intensif a repris. En 2010, il disputera sa sixième saison en tant que professionnel.


"Je me suis jamais autant réjouis à la préparation d'une prochaine saison. Je suis extrèmement motivé. Pour la saison 2010, je suis chaud. Les vacances à Curaçao ont vraiment fait du bien. Couper est important, ça permet de penser à autre chose que le vélo."

"Le Camp de survie, on ne sait jamais à quoi s'attendre. Bjarne et les autres trouvent toujours quelque chose de nouveau. Vous apprenez à dépasser vos propres limites et à les surmonter. L'esprit d'équipe et la cohésion sont importants" a déclaré Andy.

Une anecdote: "En 2006 nous étions en Afrique du Sud. J'étais avec Bobby Julich dans une pièce et nous avons attendu pour le lancement du camp de survie. Nous avons regardé un film durant la nuit, et on s'attendait à être réveillé peu après minuit. À 2 h, nous avons vu un homme en uniforme militaire passer devant notre porte. Nous avons réalisé que nous étions prêts, mais finalement, on devait encore attendre jusqu'à 6 heures. Bobby et moi n'avions pas dormi. Donc, nous étions fatigués et, en conséquence, le camp n'avait pas encore commencé. Ces erreurs, toutefois, je ne les ferais plus maintenant."

"A Liège, j'ai réalisé mon rêve. Ce fut un moment très particulier. Alberto est très simple, Un gars les pieds sur terre, avec qui on peut rire beaucoup. Il est tout simplement charmant et nous sommes amis. Malheureusement, il est fort comme un ours sur un vélo. C'est peut-être le plus grand talent de ces dix dernières années. Mais il n'est pas imbattable"

"Je veux gagner le Tour au moins une fois dans ma carrière. Je vais tout tenter. En particulier dans l'exercice du contre-la-montre, je dois faire des progrès. Je travaille dur sur mes lacunes et je m'améliore constamment.

"Je pense au Tour. J'ai déjà des fourmillements dans les jambes. Cette course est tout simplement spécial, même seulement, en raison de la cohésion au sein de l'équipe. On vit ensemble et on souffre ensemble. Cette année, j'étais vraiment triste quand ce fut terminé. Comme on attend trois semaines pour boire une bière fraîche sur les Champs-Elysées et ça l'emporte sur la tristesse que c'est fini maintenant."
a analysé Andy Schleck

Le parcours 2010 l'inspire:
"La montagne est importante et peu de kilomètres de contre la montre. Par conséquent, je suis confiant. Les secteurs pavées dans le Nord de la France peuvent coûter une victoire finale. La prudence est conseillée. Nous verrons ces étapes en détail."

Andy va commencer la saison avec son frère, au Challenge de Majorque. Sinon, le programme comportera finalement peu de changement. "Le Tour des Flandres est inconfortable. Le jour suivant, c'est le début du Tour du Pays Basque, compte tenu des classiques Ardennaises, c'est la meilleure course de préparation", a déclaré le Luxembourgeois.

Retour au Luxembourg, le 10 décembre pour la soirée de gala de l'association sportive de la presse Luxembourgeoise à Mondorf, puis il va passer quelques jours au ski.

# Posté le dimanche 29 novembre 2009 19:47

Modifié le lundi 30 novembre 2009 09:25