Amstel Gold Race: conférence de presse de Fränk Schleck

Amstel Gold Race: conférence de presse de Fränk Schleck

Quand avez-vous commencer à croire que vous pourriez gagner cette course ?

Fränk Schleck: Il n'y avait jamais le temps de penser à cela, évidemment, je n'étais pas un grand favori et je pensais que les poursuivants me rattraperais. En arrivant sur la ligne d'arrivée, je ne pouvais pas croire que je pourrais effectivement gagner la course. Tout cela est comme un rêve pour moi parce que j'ai couru après cette grande victoire depuis plus de sept ans maintenant.


Vous êtes le deuxième luxembourgeois depuis Marcel Ernzer en 1954 à remporter une classique de printemps, quand pensez vous ?

FS: Ce n'est que depuis hier que je savais que je pouvais devenir le second luxembourgeois à gagner une classique, car un journaliste me l'a appris. C'est vraiment spécial, je dois l'admettre.


Est-ce que cette victoire est une surprise pour vous?

FS: Cela ne vient pas comme une surprise, parce que j'ai eu une chute très grave au Tour du pays Basque; pendant quelques instants, j'ai même perdu connaissance. Une nuit terrible à l'hôpital.


Qui était le leader de l'équipe CSC aujourd'hui ?

FS: Karsten Kroon et moi étions les coureurs protégés. Karsten était très motivé pour cette course, il voulait toujours attaquer et forçer les autres à travailler dur. Cela s'est avérée bien pour moi, bien sûr.


C'était un plan dans l'équipe CSC pour gagner cette course ?

FS: Bjarne Riis a toujours un plan: il pense beaucoup à la tactique et bien sûr il connait très bien cette course. Je ne peux pas vous dire les détails, mais Karsten Kroon et m'a permit d'economiser de l'énergie aussi longtemps que possible, ce qui permet d'attaquer dans le final.


Que faisiez-vous après votre accident au Pays Basque?

FS: Je suis resté en Espagne. Les trois jours après avoir été à l'hôpital ont été vraiment difficile. La Klasika Primavera était la première course après ma chute. Ensuite, j'ai essayé de rester calme mais c'était vraiment dur, notamment sur le plan émotionnel pour moi et ma famille. Je tiens à les remercier tous, ainsi que Bjarne.


Allez-vous aborder les courses à venir avec une attitude différente ?

FS: Après ma chute, Bjarne a dit que je n'aurais pas perdu ma forme en deux jours. Apparemment, dans le cyclisme, vous devez continuer à croire en vos chances. Vous devez grandir en tant que coureur. Dans les courses à venir, je vais tout faire pour bien marcher, mais peut-être que je vais rouler pour Kroon, Voigt ou Basso. Ivan sera sur Liège-Bastogne-Liège et nous savons tous qu'il est dans la forme de sa vie. Le Team CSC a remporté Paris-Roubaix, une semaine plus tard, l'Amstel Gold Race ... Nous pouvons sûrement gagner à là-bas avec le CSC, car nous avons la meilleure équipe du monde. Nous ne sommes pas seulement coéquipiers.

# Posté le lundi 08 septembre 2008 08:20

Modifié le vendredi 04 septembre 2009 10:32

Fränk Schleck: une étoile montante du cyclisme

 Fränk Schleck: une étoile montante du cyclisme
L'étourdissante ascension de Fränk Schleck


Vainqueur de l'Amstel et 7e hier à Liège, Fränk Schleck est assurément une étoile montante du cyclisme. Pourtant, ses années chez les amateurs étaient assez discrètes. Récit d'une progression fulgurante.


Les patrons d'équipes françaises ont bien ri. Fin 2002, ils expédient à la corbeille le CV de Fränk Schleck, un jeune amateur originaire du Luxembourg et licencié dans un club français. Pour ces dénicheurs de talents, il existait à l'époque "cinquante amateurs" comme Schleck. En réalité, il y en avait deux fois plus, si l'on en croit le classement FFC : Fränk pointe à la 110e place.


"UN MEC D'APLOMB, RESPECTUEUX..."

Sur un CV, ça fait mauvais genre. Surtout si l'on oublie son temps passé avec la sélection nationale de son pays. A l'UC Châteauroux, Schleck débarque conseillé par Florent Brard et recommandé par son père, Johnny, qui rencontre Nicolas Dubois dans la caravane du Tour de France. Le directeur sportif de l'UC Châteauroux parle de Fränck Schleck comme "un mec d'aplomb, respectueux, qui grimpait bien et qui était solide mentalement."
Il n'y en avait sans doute pas 50 coursiers comme lui en France. Plutôt une dizaine, diraient ceux qui ont suivi de près la saison 2002. Schleck gagne les championnats du Luxembourg espoirs en ligne et contre-la-montre et finit 3e du Tour des Pyrénées, dominé par Maryan Hary. Il collectionne aussi les places d'honneur au Tour du Luxembourg, à Paris-Tours, à la Côte picarde...


L'EXPERIENCE DE L'ITALIE

A l'époque, son brio en course subjugue bien moins qu'aujourd'hui, maintenant qu'il s'est taillé une place dans l'élite mondiale. Et c'est tout le problème.
Logiquement, les recruteurs en France devraient se couvrir de cendre, furieux d'avoir raté un solide talent. "J'ai hésité à l'engager", reconnaît le patron d'AG2R, Vincent Lavenu, avec sa franchise coutumière. "On me l'a proposé, comme à d'autres équipes. On peut toujours commettre des erreurs dans son recrutement mais je ne peux pas vraiment avoir de regrets aujourd'hui en voyant les résultats de Fränk Schleck : on ne sait jamais comment un coureur va évoluer."
En Italie aussi, les experts en grosses cylindrées sont sceptiques. C'est que Schleck sort de deux saisons passées chez De Nardi, en 2000 et 2001. "Je suis allé là-bas pour suivre Kim Kirchen, se souvient Fränk. Je voulais essayer de prendre la même voie. La première année, je ne courais pas trop, je faisais beaucoup d'aller-retours vers le Luxembourg. La seconde, j'ai un peu plus appris. Je pensais que l'Italie allait m'apporter beaucoup d'expérience."


"IL VOULAIT REPRENDRE SES ETUDES"

Ces années chez De Nardi ne laissent rien imaginer de son éclosion fracassante : il est champion national sur route, 17e au Mondial espoirs de Plouay et surtout vainqueur de la course en ligne aux Jeux des Petits états d'Europe. Un titre lourd à porter, un ramasse-miettes. Sa carte de visite l'affiche : Schleck est le champion des petits.
Alors, quand s'achève sa saison de relance à l'UC Châteauroux, que les contacts avec le monde pro pataugent, Fränk accuse le coup. Repense aux occasions manquées, à son stage pour le compte de Festina, à l'automne 2001 : engagé sur le Tour de l'Avenir, il abandonne sur l'étape du Ballon d'Alsace. Le doute s'installe. Il souffle : "A cet instant, j'ai pensé reprendre mes études de technicien en mécanique."


"JAMAIS ARRETER DE REVER"

Sa famille le requinque. Chez les Schleck, on mange du vélo à chaque repas que Dieu fait. Les accidents de parcours et les coups au moral, on connaît. Papa a été pro dans les années 60 et 70. Huit participations au Tour de France à son compteur. Steve, l'aîné de ses enfants, a taquiné la compète. Fränk venait l'encourager sur le bord de la route, avant de prendre sa première licence à l'âge de treize ans.
Lui a de qui tenir. Les bonnes fées du vélo se sont toujours penchées au-dessus de son berceau. "Il ne faut jamais arrêter de rêver." Aujourd'hui, Fränk Schleck le dit lui-même : son histoire relève du conte à la Perraud. Le club de ses débuts, l'ACC Contern, fut jadis celui de Kim Andersen et Bjarne Riis. Comme de juste, il termine sa saison 2002 stagiaire chez CSC.


CSC, "UNE TRES BONNE ECOLE"

Son comportement en course est valeureux, ses prestations honnêtes. Sans plus. Riis reconduit Schleck pour la saison suivante. Cet hiver-là, l'équipe danoise se laisse tenter par de jeunes coureurs appliqués, des équipiers modèles, après avoir raté le transfert d'Ullrich.
"Apparement, dans le cyclisme, vous avez besoin de garder confiance dans vos chances." Blessé sur le Tour du Pays basque cette année, Fränk Schleck a traversé une nouvelle épreuve de doute. Quatre jours plus tard, il gagne l'Amstel Gold Race. Cette fois encore, pendant cet intermède, sa famille était aux petits soins. Schleck est un coureur casanier. Presque clanier. De son directeur sportif, Bjarne Riis, il dit : "Je suis à très bonne école, j'ai la chance d'avoir comme patron un grand champion." Si CSC remporte Paris-Roubaix une semaine plus tôt, il se prend à rêver au départ de l'Amstel. Si Riis améliore la position de Basso contre-la-montre, il estime pouvoir lui aussi progresser dans la discipline.


IL CHANGE APRES SA VUELTA 2003

Cette force de caractère, Schleck la possédait déjà sa première saison chez CSC, en 2003. Les résultats suivaient plus péniblement. Lancé dans le bain du Tour d'Espagne, il termine hors-délais la première étape de montagne, Cauterets-Plat-de-Beret. Loin derrière le gruppetto. Les techniciens démontaient l'arche d'arrivée lorsqu'il franchit la ligne. Epuisé, effondré, Fränk Schleck connaît une nouvelle période de doutes. Il y a un avant et un après cette Vuelta. Il encaisse le choc et se rapproche un peu plus de Riis. Commence tout doucement sa conquête des sommets.
En quelques semaines, le coureur change. Sa fin de saison en Italie permet, pour la première fois, d'entrevoir sa place parmi la crème du cyclisme. Il se classe 5e de Milan-Turin et du Tour de la Province de Lucca. Dans le final du Tour de Lombardie, la classique de ses rêves, il roule à fond de train pour son leader Michele Bartoli.


METHODES DE POINTE

"Dans le futur, je le vois bien continuer à gagner de belles courses d'un jour comme l'Amstel Gold Race, pétille Bjarne Riis. Il pourrait aussi marcher au Tour de France. A quel niveau ? Je ne sais pas encore." Témoignage d'un ex-vainqueur qui s'y connaît en métamorphoses, en méthodes de pointe et, faut-il croire, en recrutement. L'homme qui a cru en Schleck achèverait ainsi ce pied-de-nez à tous ses collègues lesquels, jadis, laissèrent le grimpeur luxembourgeois sur le carreau.
Et Fränk, de son côté, pourrait écraser les Petrov, Chavanel, Zaballa, et même Menchov, autant de révélations de ce Tour de l'Avenir 2001, lorsque lui n'était encore rien. Si peu. Et aujourd'hui si fort.



# Posté le vendredi 22 mai 2009 12:18

Modifié le lundi 14 septembre 2009 15:27

Tour de France 2006 - Etape 15

Tour de France 2006 - Etape 15
Jour de gloire pour le Luxembourg
Fränk Schleck vainqueur à l'Alpe d'Huez


18 juillet 2006
15ème étape: Gap - L'Alpe d'Huez (187 km)


Une étape au tracé mythique pour entamer la trilogie des Alpes: le col de l'Izoard (14,5 km à 7 %), le col du Lautaret (12,1 km à 4,4 %) et puis les 21 virages de l'Alpe d'Huez (13,8 km à 7,9 %) pour finir. Un rythme d'enfer dans la première heure de course. Cela donne naissance à un groupe de 25 unités après une trentaine de kilomètres de course. En tête, on retrouve Albasini, Arrieta, Arroyo, Cunego, De La Fuente, Eisel, Flecha, Garcia-Acosta, Garzelli, Hincapie, Knees, Landaluze, Lobato, Martinez, Mazzoleni, Merckx, F Schleck, Vila, Voigt, Wegmann, Zabriskie, Charteau, Chavanel, Pineau et Vaugrenard.

L'écrémage s'effectue sur les rampes de l'Izoard. Stefano Garzelli (Liquigas) passe la seconde en se détachant. Il est néanmoins revu dans la descente par quatorze poursuivants: José-Luis Arrieta (Ag2r), David Arroyo (Caisse d'Epargne), Damiano Cunego, Patxi Vila (Lampre), David De La Fuente et Ruben Lobato (Saunier Duval), Juan-Antonio Flecha (Rabobank), George Hincapie (Discovery Channel), Iñigo Landaluze (Euskaltel), Eddy Mazzoleni (T-Mobile), Axel Merckx (Phonak), Fränk Schleck, Jens Voigt, David Zabriskie (Team CSC), Fabian Wegmann (Gerolsteiner), Anthony Charteau (Bouygues) et Sylvain Chavanel (Cofidis).

Derrière plusieures équipes comme Rabobank, T-Mobile ou Phonak délèguent des coureurs vers l'avant du peloton pour faire la chasse. L'écart en haut du Lautaret est de 4'15" d'avance. Dans la descente du Lautaret, Voigt et Zabriskie font un gros travail, pour que le groupe de Fränk Schleck entame l'ascension finale vers l'Alpe d'Huez avec toujours plus de trois minutes d'avance.

Sylvain Chavanel est le premier à attaquer mais il va rapidement se faire rattraper et être distancé. Puis c'est au tour de Cunego et ils ne sont bientôt plus que deux à l'avant: le leader de la Lampre et Frank Schleck. Le Luxembourgeois paraît impressionnant d'aisance et fait le plus gros du travail, tandis que Mazzoleni revient un temps sur le duo. Les autres sont revus à tour de rôle par les premiers éléments du peloton.

A deux kilomètres de l'arrivée, l'heure de Frank Schleck arrive: une seule attaque suffit pour lâcher Cunego et s'envoler littéralement vers la victoire. 40 ans après Edy Schütz, Frank Schleck gagne une étape du Tour de France, 11 secondes devant Cunego. Deuxièeme grande victoire de l'année après l'Amstel Gold Race au mois d'avril. Fränk Schleck réalise l'exploit de gagner une étape du Tour de France, pas n'importe laquelle, mais la plus belle, celle dont il rêvait, celle de l'Alpe d'Huez.

# Posté le lundi 08 septembre 2008 07:45

Modifié le jeudi 17 septembre 2009 07:08

Tour de France 2006 - Etape 15

Tour de France 2006 - Etape 15
Classement 15ème étape
1 Fränk Schleck (Team CSC)
2 Damiano Cunego (Lampre) à 11"
3 Stefano Garzelli (Liquigas) à 1"10
4 Floyd Landis (Phonak) mt
5 Andreas Klöden (T-Mobile) mt
6 Ruben Lobato (Saunier Duval) à 1'14
7 Sylvain Chavanel (Cofidis) à 1'18
8 Eddy Mazzoleni (T-Mobile) à 1'28
9 Carlos Sastre (Team CSC) à 1'35
10 Levi Leipheimer (Gerolsteiner) à 1'49
11 Denis Menchov (Rabobank) à 2'21
12 Michael Rasmussen (Rabobank) m.t
13 Pietro Caucchioli (Crédit Agricole)
14 Oscar Pereiro (Caisse d'Epargne) à 2'49
15 Michael Rogers (T-Mobile) m;t
16 Cadel Evans (Davitamon-Lotto)
17 Ivan Parra (Cofidis)
18 Axel Merckx (Phonak) à 2'56
19 Cyril Dessel (AG2R) à 3'04
20 Haimar Zubeldia (Euskaltel-Euskadi)


Classement général
1 Floyd Landis (Phonak) en 69h00.'05
2 Oscar Pereiro (Caisse d'Epargne) à 10"
3 Cyril Dessel (AG2R) à 2'02
4 Denis Menchov (Rabobank) à 2.12
5 Carlos Sastre (Team CSC) à 2.17
6 Andreas Klöden (T-Mobile) à 2.29
7 Cadel Evans (Davitamon-Lotto) à 2.56
8 Michael Rogers (T-Mobile) à 5.01
9 Levi Leipheimer (Gerolsteiner) à 6.18
10 Haimar Zubeldia (Euskaltel-Euskadi) à 6.20
11 Christophe Moreau (AG2R) à 6.22
12 Fränk Schleck (Team CSC) à 7.07
13 Yaroslav Popovych (Discovery Channel) à 7.36
14 Juan Miguel Mercado (Agritubel) à 7.39
15 Marcus Fothen (Gerolsteiner) à 8.23
16 Michael Boogerd (Rabobank) à 9.15
17 Sylvain Chavanel (Cofidis) à 9.56
18 Axel Merckx (Phonak) à 10.25
19 Ivan Parra (Cofidis) à 10.43
20 Georg Totschnig (Gerolsteiner) à 10.53


Réaction:
Fränk Schleck

"J'ai eu un peu peur d'attaquer. Mais aujourd'hui, je devais attaquer, comme je savais que Cunego est meilleur au sprint que moi. Si vous avez l'opportunité de remporter une étape à l'Alpe d'Huez, vous devez saisir cette chance."

"Normalement, je devais rester avec Carlos, l'aider si nécessaire. Je n'étais pas sensé aller dans l'échappée ce matin, Mais je me suis glissé dans l'échappée, avec trois coéquipiers. Quelques coureurs m'ont dit de me relever en voyant que j'étais trop près au classement général. J'étais à onze minutes, j'ai dit non, tout comme Bjarne."

"Il m'a dit de ne pas rouler vu que nous avions trois gars. Jens et David ont fait un travail incroyable aujourd'hui, c'est fou ce qu'ils ont fait. Ils qui m'ont soutenu à 100 % pendant toute la journée, je voudrais les remercier, et l'ensemble de l'équipe qui a cru en moi ".


"Je me retrouve vainqueur d'une étape sur le Tour de France C'est fou de gagner à l'Alpe d'Huez. Je ne pouvais pas le croire avant d'avoir franchi la ligne. Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour le réaliser."

# Posté le lundi 08 septembre 2008 07:48

Modifié le lundi 14 septembre 2009 15:29

Interview de Johnny Schleck

 Interview de Johnny Schleck
"Lorsque mes fils marchent, on me dit qu'ils se chargent "

Ancien professionnel, Johnny Schleck est partagé entre la fierté et l'angoisse d'avoir un fils, Frank, en tête de peloton.Équipier de Luis Ocana dans les années 1960-1970, le Luxembourgeois Johnny Schleck a perpétué la « grande famille du vélo » en donnant le jour il y a vingt-six ans à Frank Schleck, vainqueur mardi à l'Alpe-d'Huez et futur grand du Tour. Toujours en retrait mais jamais loin de Frank, Johnny Schleck vit avec la peur d'une chute ou d'un accident pour sa progéniture. Comme un père angoissé...


La dynastie cycliste des Schleck est bien perpétuée avec cette victoire d'étape, mardi, à l'Alpe-d'Huez...

Johnny Schleck. Oui ! Je suis très heureux et très fier de mes deux fils, Frank et Andy, qui sont coureurs professionnels. Mais malgré la victoire, je ne serai tranquille qu'à Paris. Sur une épreuve comme le Tour, j'angoisse beaucoup, je redoute les chutes en permanence. Bref, je vis les étapes sur les nerfs. Sur ce Tour, vous passez dans des endroits où les gens sont assis sur les trottoirs avec les genoux sortis. Et, les coureurs d'aujourd'hui déboulent à soixante à l'heure ! Le public ne se rend vraiment pas compte de la dangerosité de ce sport.


Quel est votre rôle auprès de Franck ? Le conseillez-vous sur les stratégies de course ?

Johnny Schleck. J'évite de lui parler vélo. Je me tiens en retrait de l'équipe. Ce n'est plus à moi de lui donner des conseils. J'ai vécu avec un père coureur cycliste qui voulait toujours me diriger, ce n'est pas la bonne méthode. Alors avec Frank on parle de la maison, de la chasse. Il y a assez de gens qui lui parlent de la course.


Vous retrouvez-vous dans le cyclisme moderne, celui que connaissent vos fils ?

Johnny Schleck. Le cyclisme vit une toute autre époque aujourd'hui. Tout a changé, le travail d'équipier a bien évolué. À mon époque, nous roulions pour un leader mais on n'était quand même pas à longueur de journée à côté de lui...


Qu'est-ce qui vous impressionne le plus lorsque vous observez les pros des années 2000 ?

Johnny Schleck. Maintenant, tout le monde respecte sa charge de travail. À mon époque, nous courions avec plus de plaisir, le vélo n'était pas si commercial. On rigolait bien, même si on ne gagnait pas grand-chose. Le peloton se connaissait. Aujourd'hui, avec la mondialisation, certains coureurs se croisent à peine deux fois dans la saison.


Un de vos anciens équipiers chez Bic, Christian Palka, nous a confié que vous ne dormiez plus à cause des scandales de dopage ?

Johnny Schleck. Mais on ne frappe que sur le sport cycliste, le reste on le met dans le tiroir ! Écoutez, j'ai fait neuf Tours de France mais ça me gêne de dire que j'ai été coureur cycliste. Ça me gêne aussi de dire que j'ai des gamins qui sont coureurs cyclistes. Lorsque mes fils marchent, on me dit qu'ils se chargent. Depuis qu'il est professionnel en 2003, Frank progresse continuellement et ça crée des jalousies. Un ancien pro qui a couru avec moi m'a demandé récemment : « Mais qu'est-ce que tu leur donnes, à tes fils ? » Je me suis retourné et je suis parti...


Que répondre alors à ceux qui doutent des performances de vos enfants ?

Johnny Schleck. En vélo, c'est simple, tu vois tout de suite un coureur qui restera un bourricot toute sa carrière. D'un cheval de paysan, tu ne feras jamais un gagneur. C'est pour cela que je dis que Frank peut avoir des prétentions, et entrer dans les dix premiers du général dimanche à Paris.


Vos enfants feront certainement une meilleure carrière que vous...

Johnny Schleck. Ils feront mieux que moi parce que je ne m'entraînais pas... J'avais une petite affaire de transport qui m'occupait pas mal. Eux ne font que du vélo, se reposent et basta.

# Posté le vendredi 22 mai 2009 12:16

Modifié le vendredi 22 mai 2009 15:34

Tour de Saxe 2006 - Etape 3

Tour de Saxe 2006 - Etape 3
La grande semaine des Schleck
Au tour d'Andy


21 juillet 2006
3e etape: Chemnitz - Riesa (199km)


La victoire de Fränk à l'alpe d'huez a du inspirer son petit frère, qui remporte la 3eme etape du tour de saxe avec en plus la totale à l'arrivée (maillot rouge de vainqueur d'etape +maillot des grimpeurs + maillot du combiné + dossard de la meilleure équipe.) C'est la semaine Schleck avec une deuxième victoire pour la famille.

Dès le début de l'étape, il attaque. Et le coureur de la CSC réussit à se dégager après 8 km, accompagné par Marek Rutkewietz, Vlodomir Dyudya, Grischa Niermann et Francesco Bellotti. Lars Wackernagel et Sebastian Frey arrivent à faire la jonction peu de temps après et il y a donc 7 hommes en tête. Les 7 échapés augmentent leur avance à 20 minutes au km 150.

Andy Schleck passe en tête dans les deux premiers Grand-prix de la montagne de la journée et peut donc se réjouir d'avance du maillot rose de meilleur grimpeur qui l'attend à l'arrivée. Les derniers kilomètres sont plat, et le groupe de tête se disloque après 190 km d'efforts sur un terrain difficile. Andy est devant en compagnie de Marek Rutkewietz et laisse le Polonais derrière lui dans les derniers mètres. Il gagne l'étape à Riesa avec 3 secondes d'avance. Il monte au 25ème rang du general mais à 9 minutes 29 du leader Kolobnev.



# Posté le lundi 08 septembre 2008 07:58

Modifié le jeudi 17 septembre 2009 07:09

Tour de Saxe 2006 - Etape 3

Tour de Saxe 2006 - Etape 3
Classement 3ème étape
1 Andy Schleck (Team CSC)
2 Marek Rutkiewitz, (ATI) à 3"
3 Volodymyr Dyudya,( Milram) à 14"
4 Sebastian Frey (Sparkasse) à 28"
5 Francesco Bellotti (Crédit Agricole) mt
6 Grischa Niermann (Rabobank)
7 Lars Wackernagel (Team Wiesenhof) à 2'44
8 Sebastian Siedler (Team Milram) à 17'37
9 Steffen Radochla (Team Wiesenhof) m.t
10 Jaroslaw Zarlbski (ATI)


Classement général
1 Alexandr Kolobnev (Rabobank) en 15h23'11
2 Michael Barry (Discovery Channel) à 3"
3 Holger Sievers (Team Lamonta) à 4"
4 Torsten Schmidt (Team Wiesenhof) à 7"
5 Serge Pauwels (Chocolade Jacques)
6 Tim Klinger (Team Wiesenhof) à 11"
7 Lorenzo Bernucci (T-Mobile) à 16"
8 Vladimir Gusev (RuDiscovery Channel)
9 Danilo Hondo (Team Lamonta) à 28"
10 Mark Renshaw (Credit Agricole) à 32"
25 Andy Schleck (Team CSC) à 9'29


Classement de la montagne
1 Andy Schleck (Team CSC) 21 pts
2 Francesco Bellotti (Credit Agricole) 20
3 Erik Hoffmann (Team Lamonta) 20


Classement du combiné
1 Andy Schleck (Team CSC) 34 pts
2 Francesco Bellotti (Credit Agricole) 28
3 Marek Rutkiewitz (ATI) 23

# Posté le lundi 08 septembre 2008 08:00

Modifié le lundi 14 septembre 2009 15:55

Tour de Saxe 2006- Etape 5

Tour de Saxe 2006- Etape 5
Et ...de 2 pour Andy Schleck !!

Dimanche 23 juillet 2006
5ème etape: Dresden - Dresden (150 km)


Deux jours après son succès à Riesa le cadet de la famille récidive dans le Tour de Saxe, et de fort belle manière.

Dans la première côte de la journée, Andy attaque pour prendre les points en vue d'assurer la victoire finale dans le classement du meilleur grimpeur. Il franchit le sommet en tête avec dans sa roue Belloti et Rutkewietz, mais aussi Linus Gerdemann (T-Mobile). Les quatre creusent l'ecart et prennent quatre minutes d'avance.

A 15 km de l'arrivée, sur le circuit final dans la ville de Dresde, c'est Linus Gerdemann qui accélère et seul Andy Schleck parvient à le suivre. Les deux collaborent jusqu'à un kilomètre de la ligne. L'Allemand lance le sprint et Andy parvient à le passer dans les derniers mètres pour s'assurer d'une deuxième victoire d'étape

En plus, le jeune Luxembourgeois remène de Dresde la maillot rose de meilleur grimpeur et le maillot à pois du coureur le plus complet, classement du combiné. Belle moisson . Il finit 23 ème du général.

# Posté le lundi 08 septembre 2008 08:03

Modifié le lundi 14 septembre 2009 15:55

Tour de Saxe 2006 - Etape 5

Tour de Saxe 2006 - Etape 5
Classement de l'étape
1 Andy Schleck (Team CSC)
2 Linus Gerdemann, (T-Mobile) mt
3 Francesco Bellotti, (Crédit Agricole) à 10"
4 Marek Rutkiewitz, (ATI) m.t.
5 William Bonnet, (Crédit Agricole)
6 Olaf Pollack (T-Mobile Team)
7 Jaroslaw Zarlbski (ATI)
8 Jaan Kirsipuu (Credit Agricole)
9 Matti Breschel (Team CSC)
10 Vladimir Gusev (Discovery Channel)


General final
1 Vladimir Gusev (Discovery Channel)
2 Lorenzo Bernucci (T-Mobile) à 45"
3 Michael Barry (Discovery Channel) à 59"
4 Frank Høj (Gerolsteiner) à 1'15
5 Jason McCartney (Discovery Channel) à 1'27
6 Tim Klinger (Team Wiesenhof) à 1.39
7 Alexandr Kolobnev (Rabobank) à 1.40
8 Daniel Becke (Team Milram) à 1.42
9 Dirk Müller (Team Sparkasse) à 1'44
10 Holger Sievers (Team Lamonta) m.t
23 Andy Schleck (Team CSC) à 9'47


Classement de la montagne
1 Andy Schleck (Team CSC) 49 pts
2 Marek Rutkiewitz (ATI) 25
3 Francesco Bellotti (Credit Agricole) 24


Classement du combiné
1 Andy Schleck (Team CSC) 76 pts
2 Marek Rutkiewitz (ATI) 49
3 Francesco Bellotti (Credit Agricole) 42

# Posté le lundi 08 septembre 2008 08:07

Modifié le samedi 23 mai 2009 09:13

Fränk prêt pour cette saison 2007

Fränk prêt pour cette saison 2007
Interview de Frank Schleck (Team CSC) :


Après avoir crevé l'écran ces trois dernières saisons, la CSC de Bjarne Riis avance désormais à découvert. La domination de l'équipe danoise sur nombre d'épreuves (1re du classement du ProTour) a largement œuvré sur le bâti de la réputation des couleurs affichées par la formation scandinave. Revers de la médaille, les adversaires sont prévenus. Les déboires strasbourgeois d'Ivan Basso ont été compensés par les performances de Carlos Sastre (4ème du Tour de France et de la Vuelta), de Jens Voigt (1er du Tour d'Allemagne) et par l'explosion de Franck Schleck, troisième du classement individuel du ProTour à l'issue d'une saison tout simplement époustouflante. Nul n'est capable de dire pour l'heure où s'achèvera la progression entamée depuis l'an dernier par le coureur luxembourgeois. Dans cet ordre d'esprit, le technicien danois a pris une longueur d'avance. Il affiche clairement qu'il en fera son co-leader au vu de ses performances sur le dernier Tour de France, dont celle réalisée sur les pentes de l'Alpe d'Huez n'est pas la moindre.


Frank, vous venez d'être désigné récemment par Bjarne Riis co-leader de l'équipe CSC sur les grands tours. Etes-vous prêt à justifier son choix ?

"Dans la mesure où je prends cette désignation comme une grande marque d'attention, je ferai le maximum pour lui donner raison. Confirmer d'abord ma 11ème place du Tour cette année et ensuite, si possible, faire beaucoup mieux. J'ai conscience de devoir beaucoup à Bjarne sur les résultats obtenus ces deux dernières saisons."


La réussite et la constance de vos performances sont-elles le fruit d'une préparation et d'un travail particulier ?

"C'est vrai que le travail paie toujours. Je n'ai pas ménagé mes peines pour y arriver. Je m'en aperçois après les résultats obtenus. C'est vrai que je suis quand même bien récompensé. Ca fait du bien au moral et ça encourage à tout donner. Une carrière sportive est si brève qu'elle doit se vivre pleinement."


Avez-vous le projet d'améliorer encore votre pointe de vitesse aux arrivées pour étoffer un palmarès que d'aucuns annoncent prometteur ?

"J'ai idée de posséder encore une marge de progression dans pas mal de domaines, dont celui de la vitesse aux arrivées. J'obtiens à vrai dire d'assez bons résultats sur des sprints réunissant un nombre restreint de coureurs. C'est déjà ça. Penser que je pourrai obtenir un jour le potentiel pour frotter avec les meilleurs sprinters du peloton, c'est autre chose."


Et améliorer vos performances sur le chronomètre, considérées comme votre point faible ?

"C'est indiscutablement plus dans ce domaine que dans le précédent où il y a matière à travailler. C'est dans cette direction que des efforts vont être accomplis. J'ai bon espoir d'arriver, après une bonne dose d'efforts, à corriger certaines imperfections. Bjarne Riis a sans aucun doute lui aussi son idée sur la question. Quand on voit les progrès réalisés par certains sur le chrono ces dernières années, j'ai lieu d'espérer moi aussi."


Y a-t-il chez vous une secrète ambition de rejoindre un jour votre illustre compatriote Charly Gaul au palmarès du Tour de France ?

"Dans la mesure où j'ai déjà réalisé un premier rêve en passant professionnel, les songes les plus fous sont permis. Le fait d'avoir été le premier Luxembourgeois à l'emporter à l'Alpe est déjà gigantesque. J'ai encore quelques belles années devant moi, d'où mon intention de les vivre à fond. J'ai conscience d'avoir la chance d'évoluer dans une grande équipe assortie d'un excellent collectif."


Quelle place concrète occupe votre père Johnny dans la conduite de votre carrière ?

"Mon père et ma famille occupent la première place dans ma vie. Ma carrière sportive a été conditionnée à leur contact. Une présence rassurante dans tous les moments difficiles que j'ai connus tels ceux vécus au retour de mon expérience amateur française il y a quatre ans. D'un autre côté, c'est toujours en pensant à eux que j'ai eu la hargne de vaincre cette année dans les deux grandes victoires obtenues."


Et l'ancien champion danois Kim Andersen, très impliqué au Grand Duché ?

"Kim est plus qu'un directeur sportif, c'est un copain avec lequel je suis en contact permanent. Une amitié qui remonte à très loin. Il y a entre nous une immense complicité."


Entre l'Amstel Gold Race et l'étape de l'Alpe d'Huez, laquelle des deux victoires placez-vous au plus haut de votre palmarès ?

"Je les place au même niveau. Ma victoire sur l'Amstel reste encore aujourd'hui pour moi un moment d'intense émotion, dans la mesure où elle s'inscrit comme ma première victoire sur une grande classique internationale.D'un autre côté, mon succès sur la mythique ascension de l'Alpe d'Huez reste aussi un souvenir fabuleux."


Quels seront vos plus grands rendez-vous en 2007 ?

"Les grandes lignes de ma saison sont tout de suite vite tracées. D'abord, les classiques de printemps, ensuite le Tour de France, et les deux belles épreuves de fin de saison que sont le Championnat de Zürich et le Tour de Lombardie."


Vos succès et votre nouvelle popularité ont-ils modifié votre personnalité ?

"En aucune façon. Je garde bien les pieds sur terre. Ma personnalité a été façonnée par l'éducation que mes parents m'ont donné. La gloire comme la vie sont éphémères. J'en ai parfaitement conscience."


Quel jugement portez-vous sur l'idée de Patrick Lefévère d'imposer au peloton ProTour un test ADN avant le début de la saison ?

"C'est un sujet d'actualité que je lis au quotidien dans la presse spécialisée. Je m'aperçois qu'elle donne lieu à pas mal de discussions et aussi de polémiques au regard de son application éventuelle. Tout ceci me conduit à m'abstenir d'apporter une quelconque appréciation, dans la mesure où je manque d'éléments d'appréciation. D'un autre côté, je sais qu'une rencontre a réuni les représentants de coureurs et les instances. Il faut attendre. Je laisse la responsabilité de traiter et parler de ces problèmes aux personnes compétentes."


Votre coéquipier Lars-Ytting Bak a-t-il le potentiel pour rejoindre les grands du peloton international ainsi que le jugeaient il y a peu certains observateurs ?

"Lars a démontré qu'il était un coureur complet. Son palmarès déjà bien étoffé avec sa victoire dans le Tour de l'Avenir et sur Paris-Bourges est là pour le démontrer. D'un autre côté, il a prouvé qu'il savait passer les bosses et bien se comporter quand ça frotte et dans les bordures. Des valeurs à même de le classer comme un coureur d'avenir très utile dans un collectif comme le notre à la CSC."


A quand et où le premier rendez-vous de l'hiver avec vos coéquipiers ?

"La date du premier rendez-vous approche. Le premier stage s'effectuera le 3 décembre prochain en Afrique du Sud. L'occasion pour se retrouver, essayer les nouvelles tenues, tester le nouveau matériel dans des conditions climatiques identiques à celles que nous connaissons ici en été."


Vous êtes-vous accordé des vacances au soleil au lendemain des festivités relatives à votre place sur le podium du ProTour ?

"Après être rentré le lendemain au Grand Duché auprès des miens, j'ai pris la direction des Antilles néerlandaises et de Curaçao pour y disputer l'habituel critérium qui y est organisé tous les ans à même époque. Des moments fabuleux dans un univers non moins magnifique. Une semaine de rêve entouré d'une pléiade de copains."

# Posté le lundi 08 septembre 2008 09:26

Modifié le mardi 15 septembre 2009 07:50